Grève des médecins : le gouvernement dévoile ses mesures pour apaiser la crise
Face à la mobilisation continue des médecins, et notamment des généralistes, réclamant de meilleures conditions de travail et une revalorisation significative de l’acte de consultation, le gouvernement a présenté une série de propositions. Agnès Firmin Le Bodo, ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des Professions de santé, a détaillé ces mesures visant à désengorger les cabinets et hôpitaux, et à améliorer l’attractivité de la médecine.
Des propositions axées sur la délégation de tâches et le soutien à l’installation
Les principales mesures annoncées s’articulent autour de plusieurs axes :
- Délégation d’actes : Pour libérer du temps médical, des compétences pourraient être transférées à d’autres professionnels de santé. Infirmiers, pharmaciens et paramédicaux seraient autorisés à réaliser des actes jusqu’alors réservés aux médecins, comme le renouvellement de certaines ordonnances, la vaccination ou des dépistages.
- Aides à l’installation : Pour encourager les jeunes médecins à s’implanter dans les déserts médicaux, des aides financières pouvant aller jusqu’à 50 000 euros sont envisagées.
- Réduction de la charge administrative : La création de postes d’« assistants médicaux » sera encouragée pour alléger les médecins des tâches administratives chronophages.
- Soutien aux regroupements : Des aides financières seront proposées aux professionnels de santé s’organisant en Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) ou en maisons de santé, favorisant ainsi le travail coordonné.
- Réforme de la formation : Au-delà de l’augmentation déjà actée du nombre de places en deuxième année de médecine, des mesures visent à améliorer la répartition des internes et à valoriser les maîtres de stage pour l’accueil en ambulatoire.
- Meilleur accès aux soins non programmés : Des solutions doivent être trouvées pour désengorger les urgences hospitalières en fluidifiant le parcours de soins pour les patients sans urgence vitale.
La question du tarif de consultation : un point de friction persistant
Si le gouvernement reconnaît la nécessité de revaloriser l’acte médical, l’augmentation à 50 euros demandée par certains syndicats est jugée « irréaliste » dans l’immédiat. Les négociations conventionnelles avec l’Assurance maladie sont toujours en cours et devraient aboutir à une « valorisation de l’acte », sans pour autant atteindre ce seuil symbolique.
Des réactions syndicales mitigées, voire négatives
Les premières réactions des organisations syndicales de médecins sont loin d’être unanimes. MG France, principal syndicat de généralistes, a qualifié les propositions d’« inintéressantes » et d’insuffisantes, notamment sur la question du tarif de consultation. D’autres voix, comme celle du Dr Jérôme Marty (AFM-Syndicat des médecins), ont dénoncé une stratégie de « poudre aux yeux », insistant sur le fait que la revalorisation de l’acte est la condition sine qua non à toute amélioration durable de l’exercice médical.