La Floride reste le bastion des morsures de requins en 2023, mais les chiffres mondiaux reculent
Chaque année, le dossier international des attaques de requins (International Shark Attack File – ISAF) de l’Université de Floride compile les données mondiales sur les interactions entre humains et requins. L’année 2023 confirme une tendance déjà observée : la Floride reste, de loin, le leader mondial en matière de morsures non provoquées. Cependant, la bonne nouvelle est que le nombre total de ces incidents est en baisse à l’échelle planétaire.
La Floride en tête, l’Amérique du Nord prépondérante
En 2023, sur les 69 morsures de requins non provoquées recensées dans le monde, pas moins de 16 se sont produites en Floride. Le comté de Volusia, sur la côte atlantique, détient le triste record avec 8 incidents, soit la moitié des cas floridiens. Les États-Unis dans leur ensemble ont enregistré 36 morsures non provoquées, ce qui représente une proportion significative des événements mondiaux. L’Australie arrive en deuxième position avec 15 cas, suivie par d’autres régions comme le Costa Rica, la Nouvelle-Zélande, et l’Égypte.
Un recul global encourageant
Malgré la persistance des incidents en Floride, le total mondial de 69 morsures non provoquées marque un net recul par rapport à l’année précédente (57 en 2022) et est inférieur à la moyenne des cinq dernières années (73 incidents par an). Les chercheurs de l’ISAF soulignent que ce chiffre est relativement faible, surtout si l’on considère l’augmentation de la population humaine et l’engouement croissant pour les sports nautiques.
À noter qu’en plus des morsures non provoquées, 14 morsures provoquées ont également été recensées en 2023. Une morsure est considérée comme provoquée lorsque l’humain initie l’interaction (pêche, tentative de toucher l’animal, etc.).
Moins de fatalités, des explications environnementales
L’année 2023 a malheureusement comptabilisé 10 décès liés à des morsures de requins à travers le monde, dont 2 aux États-Unis. Il est important de préciser que l’unique décès en Floride en 2023 n’était pas le résultat d’une morsure non provoquée, mais est survenu dans des circonstances particulières, alors que la victime nageait près de pêcheurs de tarpons.
Plusieurs facteurs pourraient expliquer cette diminution des incidents. Les chercheurs de l’ISAF évoquent notamment :
- Les effets d’El Niño, qui ont entraîné des températures océaniques plus élevées et un déplacement des proies, impactant potentiellement les zones de présence des requins.
- Des facteurs socio-économiques et météorologiques ayant pu réduire le nombre de personnes dans l’eau dans certaines régions.
Recommandations pour la sécurité
Malgré la rareté des incidents, les experts rappellent l’importance de la prudence. Voici quelques conseils pour minimiser les risques :
- Éviter de nager à l’aube et au crépuscule, périodes où les requins sont les plus actifs.
- Ne pas porter de bijoux brillants, qui peuvent ressembler aux écailles de poissons.
- Éviter les zones où la pêche est active ou où l’on observe des bancs de poissons et d’oiseaux marins en surface.
- Ne pas nager seul et rester à proximité des côtes.
- Éviter les eaux troubles.
Les requins les plus souvent impliqués dans les morsures sont le requin-tigre, le requin-bouledogue et le grand requin blanc, en raison de leur taille et de leur répartition géographique. L’ISAF continue de suivre ces statistiques afin d’améliorer la compréhension des interactions entre requins et humains et de promouvoir la coexistence.