Alarmant : Les océans pourraient perdre un quart de leurs poissons d’ici 2100 à cause du réchauffement climatique
Une nouvelle étude menée par l’Ifremer et publiée dans la revue *Global Change Biology* vient de jeter un pavé dans la mare des prévisions climatiques. Selon leurs modèles, la biomasse mondiale de poissons et d’invertébrés marins pourrait être amputée d’un quart, soit 25%, d’ici la fin du siècle si les émissions de gaz à effet de serre continuent sur leur trajectoire actuelle. Une perspective sombre pour les écosystèmes marins et la sécurité alimentaire mondiale.
Un déclin généralisé mais inégal
Cette diminution drastique n’est pas uniforme sur le globe. Les régions tropicales sont désignées comme les plus vulnérables. Déjà soumises à des températures élevées et une faible teneur en oxygène, elles subiraient des pertes considérables. Les zones tempérées, telles que l’Atlantique Nord et le Pacifique Nord, sont également fortement impactées. Paradoxalement, les hautes latitudes pourraient connaître des pertes moins importantes, voire des augmentations localisées de biomasse en raison de la fonte des glaces ouvrant de nouveaux espaces, mais cela ne compense en rien les pertes ailleurs.
Pourquoi une telle réduction ? Les mécanismes en jeu
L’étude d’Ifremer, qui s’inscrit dans l’initiative internationale FISHMIP, s’appuie sur des modèles climatiques et océanographiques sophistiqués. Ceux-ci prennent en compte plusieurs facteurs interdépendants qui menacent la vie marine :
* **L’augmentation de la température de l’eau :** Elle affecte directement le métabolisme, la croissance et la reproduction des espèces marines. Plus l’eau est chaude, plus les poissons ont besoin d’énergie pour vivre, ce qui limite leur capacité à grossir et se reproduire.
* **La désoxygénation des océans :** Les eaux plus chaudes retiennent moins bien l’oxygène. De plus, le réchauffement augmente la stratification des couches océaniques, réduisant le mélange et l’apport d’oxygène en profondeur. Les zones « mortes » où l’oxygène est quasi absent se multiplient.
* **Les modifications de la chaîne alimentaire :** Les changements de température et d’oxygène affectent la production de phytoplancton et de zooplancton, bases de l’alimentation de nombreuses espèces de poissons. La perturbation de ces maillons inférieurs de la chaîne alimentaire a des répercussions en cascade sur l’ensemble de l’écosystème.
Des conséquences majeures pour l’humanité
La perte d’un quart de la biomasse marine n’est pas qu’une statistique écologique. Elle représente une menace directe pour la sécurité alimentaire de millions de personnes, en particulier dans les pays en développement où la pêche est une source essentielle de protéines. De plus, elle met en péril l’équilibre des écosystèmes marins, déjà fragilisés par la surpêche et la pollution.
Les auteurs de l’étude soulignent l’urgence d’agir. Réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre est la seule voie pour limiter l’ampleur de ces impacts et préserver la richesse de nos océans pour les générations futures. Sans un changement radical, le poisson pourrait bien devenir un luxe rare d’ici la fin du siècle.