Affaire Le Scouarnec : Quand la déontologie médicale est mise en question
L’affaire Le Scouarnec, ce scandale de pédocriminalité qui a secoué la Bretagne, continue de révéler des ramifications inattendues, y compris au sein de la profession médicale. Récemment, l’Ordre des Médecins du Finistère s’est retrouvé au cœur d’une controverse après que des plaintes déontologiques aient été déposées contre trois de ses membres.
Des plaintes fondées sur le respect de la parole des victimes
Ces plaintes, émanant des familles de victimes de l’ancien chirurgien gynécologue, visent des médecins qui étaient membres de la chambre disciplinaire de première instance du conseil régional de l’Ordre des médecins de Bretagne. L’objet de la discorde ? Une audition qui s’est déroulée en décembre 2017, où la crédibilité de la fille de Jean-Marc Le Scouarnec, elle-même plaignante, aurait été mise en doute de manière jugée inacceptable. Les médecins auraient notamment interrogé son état psychologique et la véracité de ses allégations.
Ce questionnement, perçu comme une remise en cause de la parole d’une victime présumée d’abus sexuels, a profondément choqué les familles, les poussant à saisir l’Ordre national des médecins. Pour ces familles, le comportement de ces praticiens était contraire aux principes de déontologie médicale, qui exigent écoute, respect et bienveillance, surtout face à des situations de grande vulnérabilité.
L’Ordre national saisit le procureur
Face à la gravité des accusations, le Conseil national de l’Ordre des médecins n’est pas resté inactif. Il a pris au sérieux les plaintes et, fait significatif, a transmis un signalement au procureur de la République de Brest. Cette démarche souligne la possible dimension pénale des agissements reprochés aux médecins, en plus des manquements déontologiques.
Ce signalement ouvre la voie à une éventuelle enquête judiciaire, qui pourrait déterminer si les propos tenus lors de l’audition de 2017 ont franchi la ligne rouge de la simple incompétence à un acte potentiellement répréhensible. L’affaire met en lumière la délicatesse des situations où le monde médical est appelé à se prononcer sur des faits judiciaires, et l’impératif pour les professionnels de santé de toujours garder à l’esprit l’impact de leurs paroles sur des personnes en souffrance.
Un rappel à l’ordre essentiel
L’affaire Le Scouarnec, déjà lourde de conséquences, continue d’ébranler les institutions. Ces plaintes déontologiques rappellent l’importance capitale de l’éthique et du respect de la dignité humaine dans toutes les professions, et plus particulièrement dans le domaine médical où la confiance est un pilier fondamental. C’est un message clair envoyé à tous les professionnels : la parole des victimes, quelle que soit la complexité du dossier, doit être accueillie avec le plus grand sérieux et la plus grande humanité.