Quand les princesses égyptiennes maniaient l’arc comme des professionnelles il y a 4000 ans !
Oubliez l’image de la princesse égyptienne cantonnée aux rituels et aux parures ! Une récente découverte archéologique vient bousculer nos connaissances sur le rôle des femmes de l’élite pharaonique. Des reliefs mis au jour dans la tombe d’un pharaon de la 11e dynastie (environ 2000 av. J.-C.) révèlent que des princesses égyptiennes étaient de véritables professionnelles du tir à l’arc, s’entraînant aux côtés des hommes.
Une découverte inattendue dans la tombe d’Intef
C’est au cœur de la nécropole de Dra Abou el-Naga, sur la rive ouest de Louxor, que l’équipe de l’Institut français d’archéologie orientale (IFAO), dirigée par le Dr Nicolas-Christophe Grimal, a fait cette trouvaille exceptionnelle. Dans la tombe d’Intef (ou Antef), pharaon de la 11e dynastie du Moyen Empire, des reliefs muraux dévoilent des scènes surprenantes.
Jusqu’à présent, le tir à l’arc était considéré comme une activité exclusivement masculine en Égypte ancienne, étroitement liée à la chasse et à l’art militaire. Les représentations de femmes avec un arc étaient quasi inexistantes ou purement symboliques.
Des princesses archères, une réalité méconnue
Les reliefs découverts montrent plusieurs femmes identifiées comme des princesses, filles d’Intef II et Intef III (notamment Neferukayet et Medu-nefer), en pleine action. Elles sont représentées dans des postures dynamiques, tendant l’arc avec une maîtrise évidente, participant activement aux séances d’entraînement. Ces images contredisent l’idée reçue d’une femme royale confinée à des rôles passifs et domestiques.
Cette découverte suggère que ces princesses n’étaient pas de simples spectatrices, mais de véritables pratiquantes, potentiellement formées à l’art du tir à l’arc. Cela ouvre de nouvelles perspectives sur leur rôle au sein de la cour royale : avaient-elles des fonctions de défense, participaient-elles à des chasses royales, ou s’agissait-il d’une forme d’entraînement physique et de prestige ?
Une nouvelle lumière sur le statut des femmes de l’élite
Ces représentations témoignent d’une implication des femmes de l’élite dans des activités physiques et potentiellement « professionnelles » bien plus grande qu’on ne le pensait. La tombe d’Intef, qui abrite également des scènes du pharaon recevant des flèches et des arcs, souligne l’importance de cette pratique à l’époque et le fait que même les princesses pouvaient y être initiées.
Cette découverte majeure nous invite à réviser nos manuels d’histoire et à envisager un rôle bien plus complexe et actif pour les princesses de l’Égypte ancienne, loin des clichés habituels.