×
Dans

Il y a 2 millions d’années en Asie, les moustiques ont pris goût au sang des premiers humains

Une nouvelle étude fascinante publiée dans la revue Current Biology révèle que les moustiques d’Asie ont commencé à s’intéresser au sang de nos ancêtres hominidés il y a environ 2 millions d’années. Cette découverte, qui repousse de loin l’estimation précédente, jette un nouvel éclairage sur l’histoire de la coévolution entre les humains et ces insectes piqueurs, ainsi que sur l’émergence des maladies transmises par les moustiques.

Quand les moustiques ont changé de menu

Longtemps, on a pensé que les moustiques, et en particulier le genre Anopheles, responsable de la transmission du paludisme, préféraient le sang de grands mammifères comme les bovins. Cependant, l’équipe de chercheurs, dirigée par le biologiste Noah Rose de la Stanford Doerr School of Sustainability, a analysé les préférences alimentaires des moustiques Anopheles actuels en Asie du Sud-Est. En traçant leur évolution et leurs régimes alimentaires passés sur des millions d’années, ils ont pu reconstituer un changement majeur.

Il y a environ 2 millions d’années, en pleine ère du Pléistocène, les moustiques en Asie ont opéré une transition significative. Ils ont commencé à délaisser leurs hôtes animaux habituels pour se tourner vers une nouvelle source de repas sanguin : les hominidés. Cette période coïncide avec les premières migrations d’Homo erectus hors d’Afrique et leur expansion en Asie.

Implications pour l’évolution et les maladies

Ce basculement précoce du régime alimentaire des moustiques a des implications profondes. En ciblant les hominidés, les moustiques sont devenus des vecteurs efficaces pour la transmission de maladies. L’étude suggère que cette interaction préhistorique a pu jouer un rôle crucial dans la santé et l’évolution de nos ancêtres, en exerçant une pression sélective forte sur leur système immunitaire pour lutter contre des pathogènes comme le parasite du paludisme.

Cette recherche redéfinit notre compréhension de la longue histoire entre les humains et les moustiques, montrant que notre « relation sanglante » est bien plus ancienne et a eu un impact bien plus profond sur notre parcours évolutif que nous ne l’imaginions auparavant. Une histoire qui continue de s’écrire aujourd’hui, avec les défis persistants des maladies vectorielles.


Auteur/autrice

marcpm@gmail.con

Publications similaires

Dans

Morsures de requins : la Floride reste en tête en 2025, mais les chiffres reculent

La Floride reste le bastion des morsures de requins en 2023, mais les chiffres mondiaux reculent Chaque année, le dossier international des...

Lire la suite
Dans

Stellantis veut maintenir un niveau élevé de dépôts de brevets malgré le virage stratégique

Stellantis : Maintenir l’Innovation par la Qualité des Brevets Dans un secteur automobile en pleine mutation, Stellantis affiche une stratégie claire et...

Lire la suite
Dans

Réchauffement: la biomasse de poissons amputée d’un quart d’ici 2100, selon l’Ifremer

Alarmant : Les océans pourraient perdre un quart de leurs poissons d’ici 2100 à cause du réchauffement climatique Une nouvelle étude menée...

Lire la suite
Dans

« Le Passage », plongée d’un père dans les abysses de la dépression adolescente

Plongée au Cœur de la Dépression Adolescente : Le Récit d’un Père La dépression adolescente est une épreuve qui affecte non seulement...

Lire la suite
Dans

En Alsace, des mini-séismes mettent à mal la géothermie

Quand la Géothermie Profonde Fait Trembler l’Alsace : Un Débat Chaud L’Alsace, région à l’avant-garde de l’énergie géothermique profonde, est malheureusement secouée,...

Lire la suite
Dans

Pologne: l’heure du verdict pour des médecins accusés de la mort d’une femme suite au refus de l’avorter

Pologne : L’heure du verdict pour les médecins accusés de la mort d’Izabela, symbole des lois anti-IVG Le 31 janvier 2024 marque...

Lire la suite