Enfin ! La Haute Mer a son Cadre Juridique Protecteur
Une avancée historique pour la protection de nos océans
C’est une nouvelle qui va faire date dans l’histoire de la conservation marine ! Le Traité sur la Haute Mer, également connu sous l’acronyme BBNJ (Biodiversity Beyond National Jurisdiction), a été officiellement signé par 70 États membres des Nations Unies. Après près de vingt ans de négociations, cette signature marque une étape cruciale vers une meilleure protection de 60% de nos océans, une zone immense qui était jusqu’à présent largement dérégulée.
Pourquoi ce traité est-il si important ?
La haute mer, qui commence là où s’arrêtent les zones économiques exclusives des États (généralement à 200 milles nautiques des côtes), est un écosystème vital mais aussi l’un des plus menacés. Elle abrite une biodiversité extraordinaire, joue un rôle essentiel dans la régulation du climat, et fournit des ressources précieuses. Cependant, elle est confrontée à des pressions croissantes : surpêche, pollution plastique et sonore, acidification des océans, et désormais, l’exploration de nouvelles ressources génétiques marines.
Jusqu’à présent, l’absence d’un cadre juridique contraignant pour la haute mer rendait très difficile la mise en place de mesures de conservation efficaces. Chaque État agissait selon ses propres règles, laissant de vastes zones sans réelle protection.
Que va changer ce traité ?
Le Traité BBNJ ouvre la voie à des changements majeurs :
- Création d’Aires Marines Protégées (AMP) : C’est l’un des piliers du traité. Il permettra d’établir des zones protégées en haute mer pour sauvegarder des écosystèmes fragiles et des espèces menacées.
- Partage équitable des ressources génétiques marines : Les « produits de la mer » peuvent avoir des applications précieuses, notamment en pharmacologie. Le traité prévoit un mécanisme pour un partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation de ces ressources.
- Évaluations d’impact environnemental : Les activités menées en haute mer devront désormais faire l’objet d’évaluations d’impact pour s’assurer qu’elles ne nuisent pas aux écosystèmes.
- Renforcement des capacités et transfert de technologies : Le traité vise à aider les pays en développement à participer à la recherche et à la conservation marine.
La prochaine étape : la ratification
Si la signature est un moment historique, le traité ne pourra entrer en vigueur qu’après sa ratification par au moins 60 États. C’est maintenant aux parlements nationaux de prendre le relais et d’intégrer ce cadre juridique dans leur législation. C’est une course contre la montre pour nos océans, mais l’élan est donné. La haute mer, ce trésor planétaire, a enfin une chance d’être mieux protégée pour les générations futures.
Cette initiative est un exemple puissant de la coopération internationale face aux défis environnementaux mondiaux. Elle nous rappelle que, malgré les frontières terrestres, nos océans nous connectent tous et nécessitent une approche unifiée pour leur survie.