Pénurie de Psychotropes : Une Amélioration Fragile Observée par l’ANSM
Après des mois difficiles marqués par des ruptures de stock à répétition, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) a récemment dressé un bilan de la situation des psychotropes en France. La nouvelle, bien que prudente, est porteuse d’un léger espoir : une « amélioration fragile » a été constatée.
Le Bilan par Catégorie de Médicaments :
- Antidépresseurs : La situation s’améliore globalement. Cependant, la vigilance reste de mise, notamment pour la fluoxétine (Prozac et génériques) qui demeure sous tension.
- Anxiolytiques (benzodiazépines) : Ces médicaments, très prescrits, restent une source de préoccupation. Des tensions significatives persistent, en particulier pour le lorazépam (Temesta) et le bromazépam (Lexomil) dans certains dosages.
- Antipsychotiques : Le tableau est plus encourageant pour cette catégorie, avec une amélioration globale. Toutefois, des difficultés d’approvisionnement localisées peuvent encore survenir pour certains produits comme l’aripiprazole (Abilify) ou la rispéridone.
- Méthylphénidate (trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité – TDAH) : La situation reste particulièrement critique pour ces médicaments essentiels aux enfants et adolescents atteints de TDAH, où les ruptures sont toujours nombreuses et impactantes.
Les Causes Multiples d’une Crise Persistante
Les origines de ces pénuries sont complexes et multifactorielles. Elles incluent des problèmes de production industrielle (difficultés d’approvisionnement en matières premières, retards de fabrication), une augmentation parfois imprévue de la demande, et des défis liés à la distribution et à la logistique.
Un Impact Profond sur les Patients et Professionnels
Cette crise a des conséquences lourdes. De nombreux patients sont contraints de changer de traitement, d’adapter leurs posologies, voire de se retrouver sans solution thérapeutique adéquate, ce qui peut entraîner une dégradation de leur état de santé mentale. Pour les professionnels de santé, il s’agit d’un casse-tête quotidien, devant jongler avec les alternatives et rassurer des patients angoissés.
La Vigilance de l’ANSM Reste de Mise
L’ANSM continue de suivre la situation de près, en lien constant avec les fabricants et les distributeurs. Des mesures spécifiques, comme des importations exceptionnelles ou des contingentements, sont mises en place pour tenter d’atténuer les difficultés. Malgré la « fragile amélioration », l’agence insiste sur la nécessité d’une vigilance continue, car le chemin vers une résolution complète des pénuries est encore long.
En somme, si un léger mieux se dessine à l’horizon, la problématique des pénuries de psychotropes est loin d’être résolue et continue de peser lourdement sur la santé mentale de nombreux Français.