L’extinction massive qui a ouvert les océans aux poissons
Une nouvelle étude fascinante, menée par John Long de l’Université Flinders, révèle comment une catastrophe écologique majeure survenue il y a environ 445 millions d’années a paradoxalement pavé la voie à la domination des poissons dans les écosystèmes marins. Cet événement, connu sous le nom d’extinction de l’Ordovicien supérieur, a radicalement remodelé la vie sur Terre.
Quand les invertébrés régnaient en maîtres
Avant cette période tumultueuse, les océans étaient principalement peuplés d’une grande diversité d’invertébrés, tels que les arthropodes géants, les mollusques primitifs et les brachiopodes. Les poissons, bien qu’existants sous des formes primitives sans mâchoires (les agnathes), n’étaient alors que des acteurs secondaires de la scène marine, loin d’être les prédateurs emblématiques que nous connaissons aujourd’hui.
La Grande Extinction de l’Ordovicien : un bouleversement climatique
L’extinction de l’Ordovicien supérieur fut l’une des plus importantes de l’histoire de la Terre. Elle fut provoquée par un refroidissement global intense, conduisant à une glaciation massive et une chute drastique du niveau des mers. Ce changement climatique radical a anéanti de nombreuses espèces marines, en particulier celles adaptées aux eaux chaudes et peu profondes qui ont vu leur habitat disparaître.
L’opportunité en or pour les poissons
C’est dans ce vide écologique que l’opportunité pour les poissons est apparue. En éliminant les groupes dominants d’invertébrés, l’extinction a libéré d’innombrables niches écologiques. Les poissons, et en particulier les formes à mâchoires émergentes comme les placodermes et les acanthodiens, ont pu alors connaître une explosion évolutive sans précédent. Cette diversification a culminé pendant les périodes du Silurien et du Dévonien, transformant radicalement la faune marine.
Les chercheurs suggèrent que les survivants de cette extinction massive ont probablement trouvé refuge dans des eaux plus profondes et plus froides, où ils ont pu persister avant de s’étendre et de se diversifier lorsque les conditions se sont stabilisées. C’est une histoire qui rappelle étrangement l’extinction des dinosaures, qui a permis l’essor et la domination des mammifères sur les continents.
Cette étude souligne une fois de plus le rôle crucial des extinctions massives dans l’évolution de la vie, non seulement comme des fins, mais aussi comme des catalyseurs de nouvelles formes de vie et de nouvelles dominations écologiques.