L’avenir incertain des orques et dauphins de Marineland au cœur d’une réunion décisive
Une réunion cruciale s’est tenue récemment au ministère de la Transition écologique, rassemblant des représentants du célèbre parc animalier Marineland d’Antibes, des associations de défense des animaux telles que One Voice et Sea Shepherd, ainsi que des experts scientifiques. L’objectif : discuter de l’avenir des orques et dauphins du parc, en conformité avec la nouvelle législation française.
Une loi ambitieuse et des délais serrés
La France a adopté en 2020 une loi interdisant la reproduction de cétacés en captivité à partir de 2022, et leur maintien en enclos d’ici 2026 pour les orques et 2028 pour les dauphins. Ces mesures visent à mettre fin à la captivité des cétacés dans le pays. Marineland, qui possède actuellement quatre orques (Inouk, Wikie, Keijo, Moana) et sept dauphins, est directement concerné par cette échéance.
Les défis de la relocalisation
Le principal point de discorde et de complexité réside dans le devenir de ces animaux. Alors que les associations militent pour leur transfert dans des sanctuaires marins – des structures plus proches de leur milieu naturel – la réalité est plus nuancée. Il n’existe à ce jour aucun sanctuaire opérationnel capable d’accueillir des orques en Europe. Le transfert d’animaux aussi grands et sensibles est une opération logistique et éthique extrêmement complexe, nécessitant des conditions très spécifiques et des coûts faramineux.
Marineland, de son côté, a fait appel contre les décrets d’application de la loi, arguant de l’impossibilité de trouver des solutions viables garantissant le bien-être de ses animaux. Le parc souhaite soit les conserver, soit trouver des alternatives dans d’autres delphinariums à l’étranger si aucune solution de sanctuaire n’est envisageable.
Des positions divergentes
Les associations, dont One Voice, dénoncent le manque d’avancement et insistent sur la nécessité de trouver des solutions concrètes et rapides pour la libération des cétacés. Elles critiquent la lenteur des discussions et le fait que les animaux soient toujours dans leurs bassins malgré l’échéance de la loi. Sea Shepherd met en avant les risques sanitaires et comportementaux liés à la captivité prolongée.
Le ministère, en tant que médiateur, cherche à concilier les impératifs légaux, le bien-être animal et les contraintes techniques et financières. La réunion n’a pas abouti à un plan d’action définitif, mais a permis de souligner l’urgence et la complexité du dossier.
Quel avenir pour les géants des mers de Marineland ?
L’issue de cette situation reste incertaine. La France se positionne comme un pionnier en Europe avec cette législation, mais sa mise en œuvre représente un défi majeur. La prochaine étape sera de transformer les discussions en actions concrètes, en trouvant des solutions durables et éthiques pour chaque individu, orque ou dauphin, actuellement maintenu à Marineland. Le compte à rebours est lancé pour garantir un avenir meilleur à ces emblématiques ambassadeurs des océans.