Une aide-soignante suspendue pour avoir refusé d’ôter son calot : le principe de laïcité en débat
L’application du principe de laïcité dans la fonction publique continue de faire débat, comme en témoigne la récente suspension d’une aide-soignante dans un EHPAD du Val-de-Marne. Cette professionnelle, employée à l’établissement public L’Abbaye à Yerres, a été suspendue pour huit mois, dont trois sans salaire, pour avoir refusé d’ôter son calot, jugé comme un signe religieux par son employeur.
Les faits remontent à décembre 2023. L’aide-soignante, convertie à l’Islam, portait ce couvre-chef depuis plus de deux ans, affirmant qu’il était porté pour des raisons d’hygiène et de confort, et non comme un signe religieux. Elle n’avait jamais rencontré de problème auparavant. Cependant, la direction de l’EHPAD, un établissement public territorial, a considéré que le calot enfreignait le principe de neutralité et de laïcité auquel sont soumis les agents du service public.
Après un rappel à l’ordre, puis un avertissement officiel, la suspension a été prononcée. Cette décision s’appuie sur la jurisprudence du Conseil d’État et du Conseil constitutionnel, qui impose aux agents publics un devoir de stricte neutralité. L’établissement avait d’ailleurs révisé son règlement intérieur, ne permettant plus le port de signes religieux, même discrets.
L’aide-soignante, soutenue notamment par l’Observatoire de la laïcité et le Collectif Laïcité au Sommet, a l’intention de faire appel de cette décision. Ces instances dénoncent une « rigidité » et une « excès de zèle » dans l’application du principe de laïcité, soulignant le caractère disproportionné de la sanction. Ce cas relance ainsi le débat sur l’interprétation et les limites de la laïcité dans les services publics français, particulièrement lorsque les signes distinctifs sont ambigus et que les agents se défendent d’une intention religieuse.