Alcool en France : Un Fardeau Économique et un Carburant Silencieux des Violences Faites aux Femmes
L’alcool est souvent perçu comme un simple plaisir social, mais la réalité de son impact en France est bien plus sombre. Une récente étude de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) met en lumière un coût sociétal faramineux, s’élevant à 118 milliards d’euros par an. Au-delà des chiffres, l’alcool est également identifié comme un facteur aggravant majeur des violences intrafamiliales, notamment celles faites aux femmes.
Un Coût Économique et Social Colossal
Les 118 milliards d’euros, calculés sur l’année 2019, placent l’alcool juste derrière le tabac (120 milliards d’euros) en termes de coût pour la société, et très largement devant les drogues illicites (8,3 milliards d’euros). Ce montant se décompose en deux grandes catégories :
- 51,2 milliards d’euros supportés par la puissance publique (État, collectivités, sécurité sociale) pour la prévention, les soins, la répression des délits liés à l’alcool.
- 66,9 milliards d’euros représentent les pertes pour la collectivité, comme les arrêts de travail, la baisse de productivité, les décès prématurés et les préjudices humains.
L’étude souligne que l’alcool est la première cause d’hospitalisation et la deuxième cause de mortalité évitable en France, juste après le tabac. Il est lié à près de 40 maladies chroniques, incluant divers cancers, maladies cardiovasculaires, neurologiques, digestives et troubles mentaux.
L’Alcool, un Carburant des Violences Faites aux Femmes
Au-delà des coûts sanitaires et économiques, l’article met un accent alarmant sur le rôle de l’alcool dans les violences intrafamiliales. Des chiffres récents indiquent que 41% des femmes victimes de violences conjugales rapportent que leur agresseur avait consommé de l’alcool au moment des faits. Ce pourcentage grimpe à 60% pour les violences sexuelles. L’alcool agit comme un « désinhibiteur », et est trop souvent utilisé comme une « excuse » par les auteurs de violences, même si le fond du problème est ailleurs.
Cette corrélation forte entre alcoolisation et violences est un enjeu majeur de santé publique et de sécurité. Les experts appellent à une meilleure prise en charge des auteurs de violences, souvent eux-mêmes aux prises avec des problèmes d’addiction.
Vers une Politique de Santé Publique Renforcée
Face à ce constat alarmant, les professionnels de santé et les associations réclament une politique de santé publique plus ferme et ambitieuse. La « loi Evin », qui encadrait la publicité et la promotion de l’alcool, a été progressivement affaiblie, contribuant à une banalisation de la consommation.
Le Plan national de lutte contre les violences faites aux femmes (2023-2027) intègre cette dimension en prévoyant notamment la formation des professionnels de santé à l’impact de l’alcool sur les violences. Il est essentiel de ne pas relâcher la vigilance et de mettre en place des mesures de prévention efficaces, tant pour réduire la consommation d’alcool que pour briser le cycle des violences.
Conclusion : Un Enjeu de Société Majeur
L’alcool n’est pas une problématique individuelle isolée, mais un enjeu de société qui impacte profondément notre système de santé, notre économie et la sécurité de nos concitoyens, en particulier des femmes. Il est temps de reconnaître la pleine mesure de ce fardeau et d’agir collectivement pour une prévention plus efficace et une prise en charge plus juste.