Royaume-Uni : Vers une Interdiction des Réseaux Sociaux aux Moins de 16 Ans et une Restriction des Chatbots IA
Le Royaume-Uni envisage sérieusement une mesure audacieuse pour protéger ses jeunes : interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans et restreindre l’utilisation des chatbots d’intelligence artificielle. Cette initiative, portée par le gouvernement britannique, vise à endiguer les effets néfastes de ces technologies sur la santé mentale et le développement des enfants et adolescents.
La Proposition Choc : 16 Ans Minimum pour les Réseaux Sociaux
Michelle Donelan, la secrétaire d’État au Numérique, à la Culture, aux Médias et aux Sports, a récemment annoncé son intention de « travailler pour un âge minimum de 16 ans » pour l’utilisation des plateformes de médias sociaux. La motivation principale est la protection de la santé mentale des jeunes, de plus en plus impactée par la pression sociale, le cyberharcèlement et l’exposition à des contenus inappropriés. Cette mesure s’appuierait sur :
- Vérification d’âge Robuste : Les plateformes seraient contraintes de mettre en place des systèmes de vérification d’âge fiables et efficaces.
- Responsabilité des Plateformes : L’objectif est de faire porter la responsabilité aux entreprises du numérique plutôt qu’aux parents.
- Contexte Actuel : Bien que la plupart des réseaux sociaux affichent déjà un âge minimum de 13 ans, cette règle est rarement respectée ou appliquée avec rigueur, incitant le gouvernement à hausser le seuil et à renforcer son application.
Les Chatbots IA sous Surveillance
Au-delà des réseaux sociaux, l’explosion des intelligences artificielles conversationnelles (chatbots IA) soulève également de vives inquiétudes. Le gouvernement britannique propose de restreindre leur accès aux moins de 16 ans, ou d’exiger des « modes sûrs » adaptés à leur âge. Les risques identifiés incluent :
- Partage de Données Personnelles : Les enfants pourraient partager inconsciemment des informations sensibles.
- Exposition à des Contenus Nocifs : Risque de rencontre avec des contenus inappropriés ou violents.
- « Hallucinations » de l’IA : La capacité des chatbots à inventer des faits ou à diffuser de la désinformation pourrait être particulièrement dommageable pour un public jeune et influençable.
Un Débat International et des Défis de Mise en Œuvre
Cette initiative s’inscrit dans un mouvement international, avec des débats similaires en cours aux États-Unis (Floride, Utah). Au Royaume-Uni, elle vient compléter le récent « Online Safety Act », qui vise déjà à mieux protéger les enfants en ligne. Toutefois, la mise en œuvre de telles mesures présente des défis majeurs :
- Confidentialité : Les méthodes de vérification d’âge posent des questions de protection des données personnelles.
- Contournement des Règles : Les adolescents pourraient chercher à contourner les restrictions via des VPN ou d’autres astuces.
- Impact sur l’Accès à l’Information : Un équilibre doit être trouvé entre protection et accès légitime à des ressources numériques.
Dame Rachel de Souza, la Commissaire à l’enfance pour l’Angleterre, a salué cette démarche, la qualifiant de « changement bienvenu » qui mettra l’accent sur les enfants avant le profit. Le Royaume-Uni se positionne ainsi à l’avant-garde d’une réflexion cruciale sur l’encadrement des technologies numériques pour préserver la génération future.