Un Bonobo Démontre l’Imagination, Remettant en Question une Capacité Humaine Exclusive
L’imagination, cette faculté de concevoir des images mentales et de penser à des choses non présentes ou même inexistantes, a longtemps été considérée comme un attribut unique à l’espèce humaine. Cependant, une récente étude impliquant le bonobo Kanzi pourrait bien bouleverser cette vision anthropocentrique.
Kanzi, le Bonobo Révélateur d’une Cognition Complexe
Les chercheurs, dont Sue Savage-Rumbaugh, Liza Shapiro et William Fields du Language Research Center de l’université d’État de Géorgie, ont mené une expérience des plus instructives avec Kanzi. Le bonobo a été sollicité pour dessiner « un cercle pour Panbanisha », une de ses congénères. Le détail crucial de cette expérience réside dans le fait que Panbanisha se trouvait dans une pièce adjacente, sans aucune possibilité de voir ce que Kanzi était en train de réaliser.
Utilisant un écran tactile, Kanzi a réussi à tracer un cercle. L’innovation majeure ne réside pas tant dans le dessin lui-même, mais dans le processus cognitif sous-jacent. Les chercheurs ont scrupuleusement veillé à ce qu’aucun indice ne soit fourni à Kanzi, confirmant qu’il ne pouvait anticiper les préférences de Panbanisha ou percevoir quoi que ce soit qui aurait pu guider son action.
L’Imagination en Acte : Une Représentation Mentale Avant l’Action
Cette performance de Kanzi est interprétée comme une preuve tangible d’imagination, une forme de « pré-jeu » ou de « représentation mentale » précédant l’exécution physique. En d’autres termes, Kanzi a dû former une image mentale claire du cercle qu’il allait dessiner pour Panbanisha avant même de commencer à interagir avec l’écran.
Cette découverte revêt une importance considérable. Elle suggère que la capacité d’imaginer n’est pas une prérogative exclusivement humaine, mais qu’elle pourrait être partagée avec d’autres espèces, en particulier nos plus proches parents primates. Cela ouvre de nouvelles voies de recherche sur l’origine évolutive de la pensée abstraite et de la créativité. L’étude de Kanzi nous pousse à réévaluer la complexité de l’esprit animal et à repenser les frontières traditionnellement admises entre les capacités cognitives des différentes espèces.