Prévenir l’incendie spatial : pourquoi étudier le feu en microgravité est crucial pour nos astronautes
Le feu est l’une des menaces les plus redoutables pour les missions spatiales habitées. Loin de toute assistance, un incendie à bord d’un vaisseau spatial ou d’une station pourrait avoir des conséquences catastrophiques. C’est pourquoi les agences spatiales, et notamment la NASA, investissent massivement dans l’étude du comportement du feu en microgravité.
Un danger insoupçonné aux règles uniques
Contrairement à la Terre où la gravité et la convection guident les flammes vers le haut, en apesanteur, le feu se comporte de manière radicalement différente. L’absence de convection signifie que l’oxygène frais n’est pas naturellement apporté à la flamme, et les gaz de combustion ne s’éloignent pas, formant ainsi une sphère autour de la source. La flamme est plus faible, mais potentiellement plus insidieuse, pouvant se propager de manière inattendue et être plus difficile à détecter et à éteindre. Les détecteurs de fumée et les systèmes d’extinction conçus pour la Terre sont donc inefficaces dans l’espace.
Des laboratoires en orbite pour percer les mystères du feu
Pour mieux comprendre ces phénomènes, des expériences sont menées à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS) et d’autres véhicules spatiaux. Le programme ACME (Advanced Combustion via Microgravity Experiments) de la NASA, par exemple, a permis d’étudier diverses facettes de la combustion en microgravité. Des expériences comme Coflam, Flame Design, Cool Flames ou Burning Rate Emulator ont permis d’observer la forme des flammes, leur couleur, la production de suie, et leur propagation sur différents matériaux.
Une initiative majeure a été l’expérience Saffire (Spacecraft Fire Experiment), menée à bord de véhicules de ravitaillement Cygnus après leur découplage de l’ISS. Ces expériences ont permis d’allumer de plus grands feux contrôlés dans un environnement sécurisé avant que le Cygnus ne soit détruit. L’objectif est de mesurer les vitesses de propagation des flammes sur divers matériaux spatiaux, de tester des capteurs de fumée innovants et d’évaluer l’efficacité de différents agents extincteurs.
Vers des missions plus sûres et plus longues
Les leçons tirées de ces expériences sont vitales pour la conception des futurs vaisseaux et habitats spatiaux. Elles permettront de développer des systèmes de détection incendie plus performants, des agents extincteurs adaptés à l’environnement spatial, et de sélectionner des matériaux de construction plus résistants au feu.
Alors que l’humanité vise des missions plus longues et plus complexes vers la Lune et Mars, la sécurité des équipages devient une priorité absolue. Comprendre et maîtriser le feu en microgravité est une étape essentielle pour garantir la survie et le succès de ces audacieuses explorations lointaines.
Source : Sciences et Avenir