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Gilles Clément : Quand l’Animal Devient Co-Architecte du Jardin

Le paysagiste Gilles Clément, théoricien du « jardin en mouvement » et du « jardin planétaire », nous invite une fois de plus à repenser notre rapport à la nature, et plus spécifiquement au rôle des animaux dans nos espaces verts. Loin d’être de simples figurants, les bêtes sont, selon lui, des acteurs essentiels et souvent invisibles de la construction et de l’évolution du jardin.

Dans une interview à Sciences et Avenir, Clément déconstruit l’idée reçue que l’animal serait un simple ornement ou, pire, un nuisible à contrôler. Il le positionne comme un véritable collaborateur, un architecte vivant sans lequel le jardin ne serait pas ce qu’il est. Que ce soit l’insecte pollinisateur, l’oiseau disperseur de graines ou le ver de terre aérateur de sol, chaque créature participe activement à la biodiversité et à la dynamique du lieu.

Le sol, poumon du jardin, est travaillé sans relâche par les lombrics qui l’aèrent et le fertilisent. Les oiseaux, en se nourrissant de baies, dispersent les graines et contribuent à l’apparition spontanée de nouvelles plantes. Même les mammifères plus grands, par leurs passages répétés, peuvent tracer des chemins et modeler le paysage. Le jardin devient alors le fruit d’une collaboration ininterrompue entre l’homme, la flore et la faune, où chacun a son rôle à jouer.

Cette vision s’inscrit pleinement dans la philosophie du « jardin en mouvement », où l’on observe et accompagne les processus naturels plutôt que de chercher à les contraindre. Gilles Clément souligne l’importance de l’observation : en étant attentif aux actions des animaux, le jardinier peut apprendre à travailler avec eux, à favoriser les équilibres écologiques et à laisser la vie s’exprimer dans toute sa richesse.

Ces réflexions sont magnifiquement illustrées dans son nouvel ouvrage, « Le Jardin des bêtes », qui, à travers des dessins et des textes poétiques, célèbre la vie animale et son rôle fondamental. C’est un plaidoyer pour une cohabitation harmonieuse, où l’humain renonce à son rôle de dominateur pour embrasser celui de complice de la nature.

En reconnaissant l’animal comme acteur essentiel, Gilles Clément nous invite à une approche plus humble et respectueuse du jardinage. Un jardin où la biodiversité est encouragée, où chaque être vivant trouve sa place et contribue, à sa manière, à la beauté et à la vitalité de l’ensemble. Une leçon précieuse pour repenser nos paysages et notre place dans le vivant.


Auteur/autrice

marcpm@gmail.con

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