Un Nouveau Regard sur Font-de-Gaume : Deux Chefs-d’œuvre Préhistoriques Datés pour la Première Fois !
La grotte de Font-de-Gaume, l’une des dernières grottes majeures de France présentant des peintures polychromes encore ouverte au public, a livré de nouveaux secrets. Pour la toute première fois, deux de ses célèbres peintures rupestres ont été directement datées au carbone 14, grâce à une méthodologie innovante. Ces découvertes, rapportées par Sciences et Avenir, bouleversent et affinent notre compréhension de l’occupation artistique de ce site emblématique de la Dordogne.
Le Bison de la Galerie du Taureau : Une Ancienneté Confirmée
La première œuvre soumise à la datation est un magnifique bison noir situé dans la « Galerie du Taureau ». Les analyses, menées sur de microscopiques fragments de charbon de bois incrustés dans le pigment noir, ont révélé une ancienneté d’environ 14 000 ans avant notre ère. Cette datation place clairement le bison dans la période du Magdalénien moyen, confirmant les hypothèses stylistiques avancées jusqu’à présent par les préhistoriens. C’est une validation importante pour l’attribution de cette figure emblématique à l’apogée de l’art pariétal magdalénien.
Le Profil de Biche du Diverticule Terminal : Une Surprise Chronologique
La seconde figure datée est un « profil de biche » situé dans le « Diverticule terminal », une partie plus reculée de la grotte. Les résultats de la datation au carbone 14 ont ici apporté une surprise : cette biche a été réalisée il y a environ 12 000 ans. Cette date la situe dans une période plus tardive, entre le Magdalénien final et le début de l’Azilien. Cette découverte est particulièrement significative car elle suggère que la grotte de Font-de-Gaume a été fréquentée et décorée sur une période bien plus longue qu’initialement envisagé, y compris à une époque souvent associée à un « déclin » stylistique post-glaciaire.
Une Méthodologie de Pointe pour une Précision Inédite
Ces datations ont été rendues possibles grâce à l’analyse par spectrométrie de masse par accélérateur (AMS) de carbone 14, réalisée par l’équipe de Stéphane Petrognani du Centre National de Préhistoire (CNP) et Valérie Feruglio de la Drac Nouvelle-Aquitaine. La clé de cette réussite réside dans la capacité à prélever des échantillons de charbon de bois directement dans le pigment noir des peintures, minimisant ainsi les risques de contamination et assurant une datation directe et fiable de l’acte pictural lui-même.
Ces premières datations directes pour Font-de-Gaume représentent un pas de géant pour l’archéologie préhistorique. Elles non seulement confirment l’âge d’or de certaines œuvres, mais révèlent aussi une occupation et une activité artistique prolongées, offrant une vision plus nuancée de l’évolution culturelle et symbolique des sociétés du Paléolithique supérieur. De nouvelles campagnes de datation sont d’ores et déjà prévues pour d’autres figures majeures de la grotte, promettant d’autres révélations fascinantes.