Les bonobos ne sont pas toujours si pacifiques : une nouvelle étude révèle leur agressivité, surtout entre mâles
Longtemps salués comme les « hippies » du règne animal, des primates doux utilisant le sexe pour résoudre les conflits, les bonobos voient leur réputation de pacifistes remise en question par une récente étude. Contrairement à l’image que nous en avons, ces grands singes sont bien plus agressifs qu’on ne le pensait, en particulier les mâles envers leurs congénères.
Quand la réalité dépasse la légende
L’idée que les bonobos sont des créatures intrinsèquement pacifiques est une simplification. Cette image est née en grande partie d’une comparaison avec leurs cousins plus connus, les chimpanzés, dont la violence intercommunautaire et les infanticides sont tristement célèbres. Mais une équipe de chercheurs, ayant observé une communauté de bonobos dans la Réserve de Kokolopori en République démocratique du Congo pendant 20 mois, a documenté une réalité plus nuancée.
Au cours de cette période, pas moins de 521 interactions agressives ont été enregistrées. La conclusion est sans appel : si les bonobos ne se livrent pas à des guerres mortelles comme les chimpanzés, l’agressivité est bel et bien présente dans leur quotidien. Et le profil type de l’agresseur et de la victime est surprenant : ce sont principalement les mâles qui s’en prennent aux autres mâles.
Des conflits liés à la compétition et au statut
Les formes d’agression observées incluent des morsures, des coups, des poursuites, et même des intimidations. Les motivations derrière ces altercations ne sont pas sans rappeler celles des autres primates : la compétition pour la nourriture et l’accès aux femelles reproductrices sont des facteurs déclencheurs majeurs. Cependant, la létalité de ces affrontements reste bien inférieure à celle des chimpanzés.
Cette étude ne vise pas à dépeindre les bonobos comme des brutes sanguinaires, mais à nuancer leur portrait. Leur structure sociale unique, où les femelles dominent et où le comportement sexuel joue un rôle important dans la réduction des tensions, demeure une caractéristique fascinante. Mais il est clair que même au sein de cette société dite « pacifique », l’agressivité fait partie intégrante de la dynamique sociale.
Quelles implications pour notre compréhension ?
Ces nouvelles découvertes sont cruciales pour comprendre l’évolution de la violence et de la coopération chez les grands singes, et par extension, chez l’homme. En examinant l’ensemble du spectre comportemental de nos plus proches parents, nous obtenons une image plus complète de la complexité des comportements sociaux et des facteurs qui les influencent, loin des stéréotypes trop simplistes.