Des militants de Greenpeace interpellés au Parlement argentin suite à une action choc contre une loi minière
L’hémicycle du Parlement argentin a été le théâtre d’une vive tension ce mardi, lorsque des militants de Greenpeace ont perturbé une séance cruciale, menant à leur interpellation. Leur objectif ? Dénoncer un projet de loi visant à modifier la légendaire « Loi sur les Glaciers », ouvrant la voie à l’exploitation minière dans des zones écologiquement sensibles.
L’action, audacieuse, s’est déroulée pendant que les députés débattaient d’une proposition de loi controversée. Quatre activistes de l’ONG environnementale ont fait irruption dans l’enceinte parlementaire, déployant une banderole frappée du message « Non à l’exploitation minière sur les glaciers » et scandant des slogans. Pour renforcer leur message, ils ont même lancé de petits « glaciers » en papier, créant une scène inattendue et percutante. Un photojournaliste couvrant l’événement a également été arrêté.
Au cœur de cette mobilisation se trouve la défense de la « Loi sur les Glaciers » de 2010. Cette législation protège spécifiquement les glaciers et les environnements périglaciaires, essentiels à l’écosystème argentin. Le projet de loi, soutenu par le parti du président Javier Milei, cherche à déclarer ces zones comme des « ressources stratégiques », ouvrant potentiellement la porte à des activités d’exploration et d’exploitation minière sous certaines conditions. Pour Greenpeace, il s’agit ni plus ni moins d’une « licence pour détruire » ces écosystèmes fragiles.
L’enjeu est colossal. Les glaciers andins sont des réservoirs d’eau douce vitaux pour l’Argentine, alimentant l’agriculture, l’élevage et la consommation humaine. L’ONG souligne que l’exploitation minière dans ces zones représente une menace directe pour cette ressource précieuse, avec des risques de contamination et de dégradation irréversible. La préservation de ces « réserves d’eau stratégiques » est donc une priorité absolue pour de nombreux environnementalistes.
L’action de Greenpeace, bien que brève et sanctionnée par des arrestations, a réussi à attirer l’attention sur un débat législatif majeur. Elle met en lumière la tension croissante entre les impératifs de développement économique et la protection environnementale en Argentine, avec les glaciers comme symbole de cette lutte. Le débat sur cette loi est désormais suspendu, le temps que la poussière retombe, mais la question de l’avenir des glaciers argentins reste plus que jamais d’actualité.