L’éclairage nocturne prolonge la saison des pollens : une mauvaise nouvelle pour les allergiques
Vous avez l’impression que la saison des allergies s’allonge d’année en année ? Une nouvelle étude vient confirmer vos craintes, pointant du doigt un coupable inattendu : l’éclairage artificiel nocturne. Cette pollution lumineuse, omniprésente dans nos villes, jouerait un rôle significatif dans l’extension de la durée de la saison des pollens, aggravant ainsi la situation pour des millions de personnes souffrant d’allergies.
Quand la lumière artificielle perturbe le cycle naturel des plantes
Publiée dans la revue Environmental Pollution, cette recherche met en lumière l’impact de l’éclairage nocturne sur la phénologie des plantes, c’est-à-dire l’étude des événements périodiques de la vie végétale. Les scientifiques ont découvert que la lumière artificielle, même de faible intensité, perturbe les signaux naturels qui régissent le début et la fin de la floraison des arbres. En prolongeant « artificiellement » la durée du jour, la lumière des réverbères et des enseignes lumineuses retarde l’entrée en dormance des plantes en automne et peut avancer leur réveil au printemps.
Le bouleau de Zurich, un cas d’étude révélateur
L’étude s’est particulièrement concentrée sur le bouleau, un arbre dont le pollen est l’un des allergènes les plus puissants en Europe. À Zurich, les chercheurs ont observé que les bouleaux exposés à une forte pollution lumineuse commençaient et terminaient leur saison pollinique plus tardivement que ceux situés dans des zones plus sombres. Cette observation locale a été corroborée par des analyses à plus grande échelle, montrant une corrélation entre l’intensité de l’éclairage nocturne et la longueur de la saison pollinique des bouleaux dans diverses régions d’Europe.
Des saisons allergiques plus longues et plus intenses
Les conséquences de ce phénomène sont directes pour les personnes allergiques. Une saison des pollens étendue signifie une période plus longue d’exposition aux allergènes, augmentant ainsi la durée et la sévérité des symptômes tels que le rhume des foins, l’asthme et la conjonctivite. De plus, l’éclairage nocturne ne fait pas qu’allonger la saison ; il peut aussi influencer la quantité de pollen produite par les plantes, potentiellement en augmentant les concentrations maximales.
Que faire face à cette nouvelle menace ?
Cette étude ajoute une nouvelle dimension aux défis posés par le changement climatique, déjà connu pour exacerber les allergies en allongeant la période de croissance des plantes et en modifiant la répartition géographique des espèces. La bonne nouvelle est que, contrairement à certains aspects du changement climatique, la pollution lumineuse est une problématique locale et potentiellement plus facile à gérer. Réduire l’intensité de l’éclairage nocturne, privilégier des lumières dirigées vers le bas, ou encore utiliser des spectres lumineux moins perturbateurs pour la biodiversité, sont autant de pistes pour atténuer cet impact. Pour les allergiques, cela pourrait signifier, à terme, un petit répit bienvenu.