Le patron d’Instagram témoigne dans le procès historique de l’addiction aux réseaux sociaux
Un événement majeur se déroule actuellement à la Cour fédérale de San Francisco : Adam Mosseri, le PDG d’Instagram, est attendu pour témoigner dans le cadre d’un procès sans précédent accusant les géants des réseaux sociaux de concevoir des produits délibérément addictifs, contribuant à une crise de santé mentale chez les jeunes.
Ce mercredi marque une étape cruciale dans cette bataille juridique d’envergure. Des centaines de districts scolaires et de collectivités locales à travers les États-Unis ont uni leurs forces pour poursuivre Meta (maison mère de Facebook et Instagram), Google (YouTube), TikTok et Snapchat. Ils allèguent que ces plateformes exploitent des algorithmes sophistiqués et des fonctionnalités engageantes pour retenir l’attention des jeunes, entraînant des conséquences néfastes sur leur bien-être psychologique.
Les plaignants dénoncent un « fléau » numérique, mettant en lumière des problèmes tels que l’anxiété, la dépression, les troubles du sommeil et l’image corporelle négative, exacerbés par l’utilisation excessive des réseaux sociaux. Leur objectif est de contraindre ces entreprises à modifier leurs pratiques de conception et à indemniser les victimes des dommages causés à la jeunesse.
En défense, les entreprises technologiques avancent que leurs plateformes offrent des opportunités de connexion et d’expression, et qu’elles ont mis en place des outils de contrôle parental et de gestion du temps d’écran. Elles soutiennent également que la responsabilité première de la supervision de l’utilisation des réseaux sociaux par les enfants incombe aux parents.
Le procès fait suite à des mois de négociations infructueuses pour un règlement à l’amiable. L’enjeu est considérable, non seulement pour les entreprises incriminées, mais aussi pour l’avenir de la régulation des plateformes numériques. Ce litige pourrait bien redéfinir la manière dont les réseaux sociaux sont conçus et utilisés, et la responsabilité que leurs créateurs doivent assumer face à l’impact sur la santé publique.