La Latitude : Un Piège Mortel pour les Espèces Marines Lors des Crises Climatiques Passées ?
Une nouvelle étude fascinante révèle que la position géographique, et plus précisément la latitude, a joué un rôle crucial dans le destin des espèces marines lors des grandes extinctions passées causées par le réchauffement climatique. Loin d’être anecdotique, ce facteur a scellé le sort de milliers d’espèces, notamment lors du « Grand Mourir » il y a 252 millions d’années.
Le « Piège de la Latitude »
Les chercheurs ont découvert que les espèces marines vivant sous les tropiques étaient particulièrement vulnérables aux extinctions massives. La raison ? Ces espèces étaient prises au piège à leur latitude. Alors que les eaux se réchauffaient, réduisant drastiquement les niveaux d’oxygène, les espèces des régions polaires pouvaient migrer plus loin vers les pôles pour trouver des conditions plus clémentes. Les espèces tropicales, elles, n’avaient nulle part où aller, étant déjà à la limite de leur tolérance thermique et des ressources en oxygène.
Des Preuves Issues du Passé
L’étude, menée par Jonathan Payne de l’Université de Stanford, a analysé les fossiles de plus de 6 000 espèces marines et 290 000 occurrences répertoriées. Cette analyse a mis en évidence que ce schéma de vulnérabilité accrue aux basses latitudes s’est reproduit non seulement lors de l’extinction Permien-Trias (la plus grande extinction de masse de l’histoire de la Terre), mais aussi lors d’autres périodes de réchauffement climatique ancien. Le réchauffement océanique, combiné à la désoxygénation des eaux, a créé des conditions invivables pour la faune tropicale.
Implications pour Aujourd’hui
Ces découvertes ont des résonances troublantes pour notre époque. Elles suggèrent que les espèces marines vivant aujourd’hui dans les eaux tropicales pourraient être les premières et les plus durement touchées par le réchauffement climatique anthropique actuel. Les récifs coralliens et la biodiversité incroyable des tropiques, déjà sous pression, pourraient faire face à un risque d’extinction disproportionné, car ces écosystèmes sont également soumis à des limites thermiques et d’oxygène strictes.
Comprendre comment la latitude a influencé les extinctions passées est crucial pour anticiper et, espérons-le, atténuer l’impact des changements climatiques sur la biodiversité marine actuelle. L’histoire semble nous avertir : la position géographique n’est pas qu’une simple coordonnée, c’est aussi un facteur de survie vital face aux bouleversements environnementaux.