Alors que la fonte des glaces marines est une menace grandissante pour les ours polaires, une étude récente a révélé une surprise de taille : une population de ces majestueux prédateurs du Sud-Est du Groenland se porte étonnamment bien, et ce, malgré des conditions de glace de mer de plus en plus précaires.
La découverte qui a déjoué les pronostics
Les scientifiques, menés par Kristin Laidre de l’Université de Washington, s’attendaient à trouver une population en déclin. Or, les ours polaires du Sud-Est du Groenland, une sous-population génétiquement distincte et isolée depuis plusieurs centaines d’années, non seulement survivent, mais semblent même prospérer. Le secret de leur résilience ? Une adaptation remarquable à leur environnement.
La glace d’eau douce : une bouée de sauvetage inattendue
Contrairement à leurs cousins qui dépendent principalement de la banquise pour chasser les phoques, ces ours ont développé une stratégie unique. Ils utilisent la glace d’eau douce qui se détache des glaciers côtiers du Groenland. Cette « glace de glacier », disponible toute l’année même lorsque la banquise marine est absente ou trop fragmentée, leur offre une plateforme stable pour la chasse.

Une population unique et isolée
L’étude, publiée dans la prestigieuse revue Science, a montré que ces ours sont géographiquement et génétiquement distincts des autres populations connues. Leur habitat est caractérisé par un paysage côtier complexe et des fjords où les glaciers déversent constamment de la glace. Cela crée un refuge atypique, leur permettant d’accéder à leurs proies même en l’absence de banquise saisonnière.
Un message d’espoir, mais pas une solution universelle
Si cette découverte offre une lueur d’espoir quant à la capacité d’adaptation de certaines populations d’ours polaires face au changement climatique, il est crucial de ne pas généraliser. Ce cas est spécifique et lié à des conditions géographiques et glaciaires particulières. La majorité des ours polaires restent fortement menacés par la disparition de leur habitat de chasse traditionnel, la banquise marine.
Cependant, cette recherche ouvre de nouvelles pistes pour comprendre les mécanismes de survie et identifier d’éventuels autres refuges. Elle souligne l’importance d’étudier chaque population dans son contexte spécifique pour mieux appréhender et protéger ces icônes des régions arctiques.