L’Accord de Paris : Une Révolution Diplomatique et Climatique, selon Laurence Tubiana
Invitée à revenir sur l’impact de l’Accord de Paris, Laurence Tubiana, figure clé de sa conception, explique comment cet accord historique a radicalement redéfini les pratiques diplomatiques mondiales. Loin d’être un simple traité environnemental, l’Accord de Paris a élevé la question climatique au rang de pilier central des relations internationales et des politiques nationales.
Selon Tubiana, l’innovation majeure de l’accord réside dans son approche « bottom-up » à travers les Contributions Déterminées au niveau National (NDC). Cette méthode a permis à chaque nation de définir ses propres objectifs climatiques, plutôt qu’une imposition d’en haut. Ce cadre, à la fois flexible et ambitieux, incite les pays à rehausser régulièrement leurs engagements, créant une dynamique de progrès continu.
L’ancienne représentante spéciale pour le climat souligne également le rôle prépondérant des acteurs non étatiques. Entreprises, villes, régions et organisations de la société civile sont devenues des forces motrices de l’action climatique, agissant en complémentarité avec les États. Cette multiplicité d’acteurs a consolidé l’élan pour le climat, rendant la transition irréversible malgré les aléas politiques.
L’Accord de Paris a ainsi transformé la manière dont les pays mènent leur diplomatie, intégrant le climat dans des domaines variés, de l’économie à la sécurité. Il ne s’agit plus seulement d’une « politique climatique », mais d’une diplomatie qui englobe pleinement les enjeux environnementaux. Le défi actuel réside dans la concrétisation des objectifs et le financement de la transition écologique, tout en veillant à combler l’écart d’ambition nécessaire pour rester sous la barre des 1,5°C ou 2°C de réchauffement.
En somme, Laurence Tubiana dépeint l’Accord de Paris comme un processus politique et diplomatique vivant, qui continue de modeler l’agenda international. Il a instauré un cadre de confiance et de coopération qui perdure, même face aux obstacles, prouvant que l’action collective est non seulement possible mais indispensable pour l’avenir de la planète.