Cigéo : Le Coût de l’Enfouissement des Déchets Radioactifs Atteint 33,4 Milliards d’Euros
Le projet d’enfouissement des déchets radioactifs les plus dangereux, baptisé Cigéo, voit son coût réévalué de manière significative. L’État français estime désormais son coût à 33,4 milliards d’euros, une augmentation notable par rapport aux estimations précédentes qui tournaient autour de 25 milliards.
Un Projet Colossal pour la Sécurité Nucléaire
Le Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) est un projet phare de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), destiné à stocker en couches géologiques profondes les déchets radioactifs de haute activité (HA) et de moyenne activité à vie longue (MAVL). Ces déchets, produits par les centrales nucléaires, la recherche et la médecine, représentent le défi le plus complexe de la gestion des déchets nucléaires. Le site choisi pour cet enfouissement est situé à Bure, dans la Meuse.
Pourquoi une Telle Hausse des Coûts ?
Cette nouvelle estimation, dévoilée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), prend en compte plusieurs facteurs. Les exigences de sûreté améliorées, des adaptations techniques suite aux études approfondies, et la mise à jour des données économiques sont les principales raisons de cette réévaluation. L’État, via ces organismes indépendants, a passé au crible les données fournies par l’Andra et a jugé que le précédent budget était sous-estimé.
Calendrier et Prochaines Étapes
Malgré cette hausse des coûts, le calendrier du projet reste ambitieux. L’Andra devrait déposer sa demande d’autorisation de création pour l’exploitation de Cigéo en 2024. La mise en service du site est envisagée autour de 2035. D’ici là, le projet fera l’objet d’un nouveau débat public au début de l’année 2024 et une loi sur le principe de réversibilité du stockage est attendue en 2025, garantissant la possibilité de revenir sur les décisions prises si nécessaire.
L’enjeu est de taille : assurer la gestion sécurisée de ces déchets pour des milliers d’années, tout en maîtrisant les coûts pour la filière nucléaire et, in fine, pour le contribuable.