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Décentralisation : Quand SAMU et Ambulanciers Tirent la Sonnette d’Alarme
Une proposition de loi sur la décentralisation suscite de vives inquiétudes chez les professionnels de la santé. Le projet prévoit de transférer la gestion des transports sanitaires, actuellement sous l’égide des Agences régionales de santé (ARS), vers les départements. Une réforme qui, selon le SAMU et les ambulanciers privés, pourrait fragiliser toute la chaîne de l’urgence.
Le SAMU Craint une « Fragmentation de l’Urgence »
Le Service d’Aide Médicale Urgente (SAMU) est particulièrement alarmé par ce projet. Sa principale crainte ? La perte de la régulation médicale centralisée. Actuellement, c’est le médecin régulateur du SAMU qui décide du moyen de transport le plus adapté à l’état du patient (ambulance privée, sapeurs-pompiers, ou véhicule du SAMU/SMUR). Une décision basée sur l’urgence médicale et non sur des considérations administratives ou financières locales.
Pour le SAMU, confier cette gestion aux départements risquerait de créer 100 systèmes différents en France, chacun avec ses propres règles et priorités. Cela pourrait entraîner une fragmentation de la chaîne des urgences, des inégalités territoriales dans la prise en charge et une potentielle dégradation de la qualité des soins. Le corps médical insiste sur la nécessité de maintenir le contrôle médical sur le déclenchement des transports sanitaires pour garantir la sécurité des patients.
Les Ambulanciers Privés Redoutent l’Iniquité
La Fédération Nationale des Ambulanciers Privés (FNAP) partage les inquiétudes du SAMU. Elle craint qu’une gestion départementale n’introduise des disparités de traitement et une complexité administrative accrue pour les entreprises. Les ambulanciers s’interrogent sur la capacité des départements à gérer de manière équitable et transparente les appels d’offres et les attributions de missions, craignant un favoritisme envers certains groupes ou des transports moins onéreux au détriment de la qualité.
Ils rappellent que le cadre national actuel, qui confie la gestion aux ARS sous la régulation du SAMU, garantit une certaine uniformité et un niveau de qualité sur l’ensemble du territoire. Le passage à une gestion départementale pourrait compliquer leur travail et nuire à la cohérence du service public d’urgence.
Un Projet Encore au Début de son Parcours
Le projet de loi de décentralisation est encore à un stade préliminaire, avec une première version attendue en mars. Les professionnels de santé espèrent que leurs préoccupations seront entendues et prises en compte avant toute décision. Ils plaident pour le maintien de l’architecture actuelle, qui a prouvé son efficacité en matière de coordination et de réactivité face aux urgences médicales.
En somme, SAMU et ambulanciers s’unissent pour défendre un système qu’ils jugent fiable et essentiel à la santé publique, craignant qu’une réforme mal pensée ne mette en péril l’efficacité de la prise en charge des urgences en France.
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