L’Élévation du Niveau des Océans Pourrait Être Bien Plus Rapide que Prévu !
Vous pensiez que la fonte des glaces était le seul coupable de l’élévation du niveau des mers ? Détrompez-vous ! Une nouvelle étude choc, publiée dans la revue Nature Geoscience, révèle que nous pourrions avoir largement sous-estimé la vitesse de ce phénomène alarmant. Et le coupable inattendu ? L’eau stockée sur les terres.
Quand la Terre Relâche son Eau
Jusqu’à présent, les estimations de l’élévation du niveau des océans se concentraient principalement sur deux facteurs : la dilatation thermique de l’eau due au réchauffement et, bien sûr, la fonte des calottes glaciaires (Groenland, Antarctique) et des glaciers de montagne. Ces facteurs expliquaient une hausse d’environ 3,8 millimètres par an entre 2002 et 2014.
Mais l’équipe de scientifiques dirigée par des chercheurs du National Center for Atmospheric Research (NCAR) et de l’Université du Colorado à Boulder a ajouté un élément crucial à l’équation : les changements dans le stockage de l’eau sur les continents. Il s’agit de toute l’eau retenue dans les réservoirs, les aquifères souterrains, les rivières, les lacs et même les sols.
Le Tournant Décisif : Une Contribution Qui Change Tout
L’étude montre qu’entre 1993 et 2010, le stockage d’eau sur les terres avait en fait ralenti l’élévation des océans de -0,12 mm/an, principalement grâce à la construction de grands barrages qui retenaient de vastes quantités d’eau. Mais cette tendance s’est inversée de manière spectaculaire !
Sur la période plus récente, de 2002 à 2014, le mouvement de l’eau sur les terres a contribué positivement à l’élévation du niveau des océans, y ajoutant pas moins de 0,77 millimètre par an. Cela signifie que si l’on prend en compte ce facteur, l’élévation totale pour cette période est bien supérieure aux estimations précédentes qui ignoraient ce phénomène. Ce revirement est dû en grande partie à l’épuisement croissant des nappes phréatiques, l’eau pompée finissant par rejoindre les océans.
Comment ont-ils mesuré l’invisible ?
Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont utilisé les données des satellites GRACE (Gravity Recovery and Climate Experiment). Ces satellites mesurent les variations du champ gravitationnel terrestre, qui sont directement influencées par les déplacements de masse, notamment ceux de l’eau. Cela leur a permis de quantifier avec précision les changements dans le stockage de l’eau sur les continents à l’échelle mondiale.
Quelles Conséquences pour l’Avenir ?
Cette découverte est fondamentale. Elle souligne que les activités humaines, au-delà des émissions de gaz à effet de serre et de la fonte des glaces, ont un impact direct et significatif sur le niveau des océans. La surexploitation des ressources en eau souterraine, la déforestation et les modifications des paysages hydrologiques contribuent désormais activement à accélérer cette montée des eaux.
Cette nouvelle compréhension est cruciale pour affiner les projections futures du niveau des mers. Elle nous oblige à revoir nos modèles climatiques et à intégrer l’impact de nos pratiques de gestion de l’eau sur les continents pour anticiper et nous adapter plus efficacement aux défis posés par le changement climatique. Le temps presse pour une action globale et coordonnée !