Un pari fou : l’humanité grave son héritage sur la Lune pour un million d’années !
Imaginez un instant : des millions d’années dans le futur, une civilisation (terrestre ou non) découvre sur la Lune un fragment de notre humanité. C’est le rêve audacieux derrière le projet « Lunar Codex », une initiative révolutionnaire qui vise à créer une capsule temporelle sans précédent en envoyant des trésors de notre culture sur la surface lunaire.
Qu’est-ce que le Lunar Codex ?
Porté par le physicien, entrepreneur et collectionneur d’art Samuel Peralta, le Lunar Codex est un effort monumental pour archiver l’art, la poésie, la musique, les livres et d’autres créations humaines. L’objectif ? Préserver ce patrimoine culturel loin des aléas terrestres, pour qu’il puisse potentiellement être découvert dans un million d’années, voire plus.
Comment ça marche ?
L’ingéniosité du projet réside dans sa technologie. Plutôt que d’envoyer de volumineux enregistrements physiques, le Lunar Codex utilise des supports miniatures ultra-résistants. Des milliers d’œuvres sont gravées à l’échelle nanométrique sur des disques de nickel ou des wafers en saphir synthétique, des matériaux choisis pour leur capacité à résister aux conditions extrêmes de l’espace et de la Lune (vide, radiations, variations de température).
Quatre missions, un seul rêve
Le projet se déploie à travers quatre missions lunaires distinctes, chacune portant une « collection » différente :
- La collection Orion (PCM1) : Lancée en novembre 2022 avec la mission Artémis 1 de la NASA, elle a transporté 120 œuvres d’art et d’écrivains lors d’un survol lunaire avant de revenir sur Terre.
- La collection Nova (PCM2) : Atterrie en février 2024 avec l’atterrisseur Odysseus (Intuitive Machines, mission IM-1), elle contient 222 œuvres.
- La collection Polaire (PCM3) : Également atterrie en février 2024 avec l’atterrisseur SLIM de la JAXA, elle embarque 120 œuvres.
- La collection Elysium (PCM4) : Prévue pour plus tard cette année avec l’atterrisseur Griffin (Astrobotic, mission VIPER), c’est la plus vaste de toutes, avec plus de 10 000 pièces, incluant des livres entiers, des romans, de la poésie et de la musique.
Une bibliothèque céleste pour l’éternité
L’idée est de créer une véritable « bibliothèque » sur la Lune, un sanctuaire culturel qui témoigne de notre existence et de nos créations. À l’instar de la « Rosetta Stone » ou des disques d’or des sondes Voyager, le Lunar Codex est un message à l’avenir, une empreinte indélébile de notre civilisation. Peralta espère que des futures bases lunaires pourront un jour découvrir et décrypter ces archives, établissant ainsi un lien profond avec le passé de l’humanité.
Ce projet n’est pas seulement une prouesse technologique ; c’est un acte de foi envers l’avenir, une déclaration audacieuse que, même face à l’immensité du temps et de l’espace, l’humanité aspire à laisser une trace, un écho de sa beauté et de son esprit.