Des chimpanzés « ivre » ? La science confirme la consommation d’alcool chez nos cousins !
L’idée que les chimpanzés pourraient consommer de l’alcool n’est plus une simple observation comportementale, mais une réalité scientifique prouvée ! Des chercheurs ont réussi à confirmer biochimiquement la consommation d’éthanol par des chimpanzés sauvages, une première mondiale qui éclaire d’un nouveau jour notre propre rapport à l’alcool.
Pendant des années, des primatologues avaient observé des chimpanzés à Bossou, en Guinée, s’adonnant à la consommation de sève de palmier fermentée, qui peut atteindre jusqu’à 6,9% d’alcool. Certains de ces primates montraient même des signes d’ébriété, devenant somnolents après avoir bu. Cependant, il manquait la preuve irréfutable que l’éthanol était réellement métabolisé par leur organisme.
C’est désormais chose faite grâce à une équipe internationale menée par le Professeur Satoshi Hirata de l’Université de Kyoto, en collaboration avec le CNRS et l’Université de Strasbourg. En analysant les urines de 16 chimpanzés ayant accès à ces sources d’alcool naturel, ils ont détecté la présence d’éthanol mais aussi de ses métabolites : l’éthyl glucuronide et l’éthyl sulfate. Ces marqueurs confirment non seulement l’ingestion d’alcool, mais aussi son traitement par l’organisme des chimpanzés, avec des concentrations d’éthanol pouvant atteindre 60 mg/L dans les échantillons.
Cette découverte est cruciale. Elle apporte la première preuve biochimique directe d’une consommation volontaire d’alcool chez un primate sauvage et renforce l’hypothèse du « singe ivre » (drunken monkey hypothesis). Cette théorie suggère que nos ancêtres primates auraient développé une tolérance à l’alcool pour profiter des fruits trop mûrs et fermentés, riches en calories. Cette capacité à métaboliser l’éthanol aurait donc eu un avantage évolutif, façonnant potentiellement les prémices de notre propre relation complexe avec les boissons alcoolisées.
Ainsi, la prochaine fois que vous croiserez un chimpanzé dans un documentaire, rappelez-vous qu’il pourrait bien avoir le palais affûté pour une petite boisson fermentée, tout comme certains d’entre nous !