Repas à 1 euro pour tous les étudiants : un défi de taille pour le Crous !
La proposition de généraliser le repas à 1 euro pour tous les étudiants, actuellement réservé aux boursiers (les autres payant 3,30 euros), fait débat. Dominique Marchand, Présidente du Cnous (Centre national des œuvres universitaires et scolaires), estime que cette mesure représente un « vrai défi » pour les structures déjà sous pression.
Un coût financier bien plus élevé qu’estimé
Alors que certains syndicats étudiants avancent le chiffre de 30 millions d’euros pour cette généralisation, le Cnous, lui, chiffre le coût entre 160 et 200 millions d’euros. Une somme considérable, loin des estimations initiales, qui mettrait à rude épreuve les budgets du Cnous. Les subventions d’État pour la restauration ne représentent qu’environ 50 millions d’euros sur un budget total de 2 milliards d’euros.
Des défis logistiques et de capacité pour les Crous
Les Crous, qui servent déjà 60 millions de repas par an, ont vu une augmentation de 15% de leur activité l’année dernière suite à la mise en place du repas à 1 euro pour les boursiers. Étendre cette mesure à tous les 1,7 million d’étudiants non-boursiers signifierait une hausse massive de la production de repas, ce qui poserait des problèmes concrets :
- Des files d’attente potentiellement très longues, risquant de dissuader les étudiants.
- Des difficultés à approvisionner et à préparer un tel volume sans compromettre la qualité.
- Un risque accru de gaspillage alimentaire si la demande n’est pas précisément anticipée et gérée.
Les équipes des Crous sont déjà à flux tendu et la généralisation nécessiterait des investissements significatifs en personnel et en infrastructures, ce qui n’est pas prévu pour l’instant.
Vers une approche structurelle contre la précarité étudiante
Dominique Marchand insiste sur la nécessité d’une approche plus globale et « structurelle » pour lutter contre la précarité étudiante, plutôt que des mesures d’urgence ponctuelles. Elle appelle à un plan qui ne se limiterait pas à la seule restauration, mais inclurait également :
- Le renforcement des aides sociales directes.
- Un meilleur accès au soutien psychologique.
- Des mesures pour faciliter l’accès à la santé.
Le repas à 1 euro pour tous est une intention louable et répond à un besoin réel de nombreux étudiants, mais sa mise en œuvre exige une réflexion approfondie sur les moyens et les conséquences pour garantir son efficacité et la qualité du service offert à l’ensemble de la communauté étudiante.