Adieu Jet Lag ? Un nouveau médicament promet une récupération éclair !
Le décalage horaire, ou jet lag, est le cauchemar de nombreux voyageurs. Fatigue intense, troubles du sommeil, irritabilité, problèmes digestifs… les symptômes sont bien connus et peuvent gâcher les premiers jours d’un voyage. Mais et si une pilule pouvait changer la donne, permettant de s’adapter beaucoup plus rapidement à un nouveau fuseau horaire ? Une étude récente publiée dans la revue Science Translational Medicine apporte des nouvelles très encourageantes.
Le PF-04981517 : la clé d’une resynchronisation rapide ?
Des chercheurs de Pfizer ont développé un nouveau médicament, le PF-04981517, qui semble capable d’accélérer significativement la resynchronisation de notre horloge biologique interne. Ce composé agit en ciblant et en inhibant deux enzymes cruciales : les caséine kinases 1 delta et epsilon (CK1δ et CK1ε). Ces enzymes jouent un rôle fondamental dans la régulation de notre rythme circadien, le fameux cycle de 24 heures qui gère notre veille et notre sommeil.
Comment ça marche ? L’horloge biologique sous contrôle
Notre horloge interne est un mécanisme complexe, principalement situé dans le cerveau, qui synchronise nos fonctions biologiques (sommeil, température corporelle, hormones) avec l’alternance jour/nuit. Lors d’un vol transcontinental, cette horloge se retrouve soudainement en décalage avec l’environnement extérieur, d’où le jet lag. Le PF-04981517, en inhibant les CK1, permettrait de « réinitialiser » ou de « caler » plus rapidement cette horloge sur le nouveau cycle lumière/obscurité, minimisant ainsi les perturbations.
Des résultats spectaculaires chez les macaques
Pour tester l’efficacité de cette molécule, les scientifiques ont mené une série d’expériences sur des macaques. Ces animaux, dont le système circadien est similaire au nôtre, ont été soumis à des changements de fuseau horaire simulés. Les résultats sont frappants : les macaques ayant reçu le médicament avant le changement de cycle lumineux se sont adaptés deux à trois fois plus vite que le groupe témoin. Là où il fallait généralement 6 à 7 jours pour une resynchronisation complète, le médicament a permis de réduire ce délai à seulement 2 jours !
Au-delà de la rapidité d’adaptation, les macaques traités ont également montré moins de « symptômes » de jet lag, avec une meilleure qualité de sommeil et des niveaux hormonaux moins perturbés.
Vers une révolution pour les voyageurs fréquents ?
Si ces résultats se confirment chez l’homme – et des essais de phase 1 auraient déjà donné des indications positives – le PF-04981517 pourrait transformer radicalement l’expérience de voyage. Fini les premiers jours de vacances ou de voyage d’affaires passés à lutter contre la fatigue ! Ce médicament serait une aubaine non seulement pour les voyageurs, mais aussi potentiellement pour les professionnels travaillant en horaires décalés (pilotes, personnel navigant, soignants) qui souffrent de désynchronisation chronique.
Bien sûr, d’autres études sont nécessaires pour évaluer la sécurité à long terme et l’efficacité optimale chez l’humain. Mais l’espoir d’un futur sans jet lag est plus tangible que jamais !