Maladie de Charcot : Une Lumière Nouvelle sur l’Origine des Protéines Toxiques
La sclérose latérale amyotrophique (SLA), plus connue sous le nom de maladie de Charcot, est une affection neurodégénérative dévastatrice qui s’attaque aux neurones moteurs, entraînant une paralysie progressive. Un aspect central de cette maladie est l’accumulation de protéines toxiques, notamment la protéine TDP-43, au sein des neurones.
Découverte Cruciale : Le Rôle de l’Enzyme DBR1
Des chercheurs du VIB-KU Leuven et de l’UCL ont réalisé une avancée majeure en identifiant la source de ces protéines TDP-43 délétères. Leurs travaux, publiés dans Nature Communications, mettent en lumière un mécanisme jusqu’alors méconnu.
Au cœur de cette découverte se trouve l’enzyme DBR1, localisée dans le noyau des cellules. Son rôle habituel est de recycler les « lariat RNAs », des molécules d’ARN qui se forment temporairement lors de la maturation d’autres ARN. Ces lariat RNAs sont normalement rapidement éliminés.
Quand le Système de Nettoyage Défaille
Les scientifiques ont observé que chez les patients atteints de la maladie de Charcot, les niveaux de l’enzyme DBR1 sont significativement réduits dans les neurones moteurs. Cette diminution a des conséquences dramatiques : l’incapacité de DBR1 à faire son travail de nettoyage entraîne une accumulation massive de lariat RNAs.
Ces lariat RNAs, en surnombre, agissent alors comme de véritables « éponges ». Ils piègent et séquestrent la protéine TDP-43, qui est pourtant essentielle au bon fonctionnement et au traitement des autres molécules d’ARN. Privée de sa fonction et de sa liberté de mouvement, la TDP-43 s’agrège en amas toxiques en dehors du noyau, perturbant gravement la machinerie cellulaire et provoquant la mort des neurones moteurs.
Une Piste Thérapeutique Prometteuse
Cette recherche, menée en utilisant des modèles de drosophiles (mouches à fruits) et des cellules souches pluripotentes induites humaines (iPSCs), offre une perspective thérapeutique inédite. En effet, la possibilité de restaurer ou d’augmenter les niveaux de DBR1 pourrait représenter une stratégie pour prévenir l’accumulation des lariat RNAs et, par conséquent, empêcher la toxicité de la protéine TDP-43. Cette approche pourrait ainsi ouvrir la voie à de nouveaux traitements pour lutter contre cette maladie dévastatrice.