Exposés aux substances chimiques dans nos assiettes : L’ANSES alerte, que faire ?
Saviez-vous que presque toute la population française est exposée quotidiennement à des substances chimiques potentiellement dangereuses via son alimentation ? C’est le constat alarmant du dernier rapport de l’ANSES, qui met en lumière une exposition toujours préoccupante aux perturbateurs endocriniens et autres toxiques. De quoi s’agit-il exactement et comment pouvons-nous agir ?
Un constat sans appel : 99,8% de la population concernée
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) vient de publier les résultats d’une vaste étude sur l’exposition de la population française à une série de substances chimiques. Et les chiffres sont clairs : 99,8% des Français sont exposés à au moins un perturbateur endocrinien ! Cela signifie que presque chacun d’entre nous est concerné par ce cocktail chimique qui se retrouve dans nos assiettes.
Les coupables désignés : une quinzaine de substances sous surveillance
L’ANSES a ciblé 14 substances particulièrement problématiques pour leur toxicité avérée ou suspectée. Parmi elles, des métaux lourds bien connus comme le plomb, l’arsenic, le cadmium et le mercure, mais aussi des composés organiques comme certains phtalates, parabènes, PFOS, PFOA, le bisphénol A, ainsi que des résidus de pesticides historiques comme le DDT et le DDE.
La bonne nouvelle, c’est que pour certaines de ces substances, l’exposition moyenne a diminué. Mais la mauvaise, c’est qu’elle reste encore trop élevée et que pour d’autres, comme certains phtalates, l’exposition a même augmenté.
Où se cachent-elles ? L’alimentation en première ligne
Pour la majorité de ces substances, notre assiette est la principale voie d’exposition. Elles peuvent provenir de la pollution environnementale (sols, eau), des emballages alimentaires, des ustensiles de cuisine, ou encore être des résidus de produits phytosanitaires.
Bien que les cosmétiques ou les produits d’entretien soient également des sources pour certaines substances (comme les parabènes ou certains phtalates), c’est bel et bien par ce que nous mangeons que nous sommes le plus exposés.
Des risques pour tous, surtout les plus vulnérables
L’exposition à ces substances, même à faibles doses, n’est pas sans conséquence. Les perturbateurs endocriniens sont particulièrement inquiétants car ils peuvent interférer avec notre système hormonal, avec des effets sur la reproduction, le développement neurologique ou encore le métabolisme. Les populations les plus vulnérables, comme les femmes enceintes, les fœtus, les jeunes enfants et les adolescents, sont les plus à risque. Sans oublier l’effet « cocktail » : l’exposition simultanée à plusieurs substances peut multiplier les risques.
Comment réduire son exposition au quotidien ? Quelques pistes
Face à ce constat, l’ANSES et les experts nous donnent quelques recommandations concrètes :
- Variez votre alimentation : Manger de tout, en quantité raisonnable, permet de diluer les risques et d’éviter une surexposition à une seule source.
- Privilégiez le fait maison et les produits bruts : Moins de produits transformés, c’est moins d’additifs et moins de risques liés aux emballages.
- Choisissez des fruits et légumes de saison et, si possible, bio : Cela limite l’exposition aux pesticides.
- Réduisez l’utilisation de plastiques : Évitez les contenants en plastique pour la conservation ou le réchauffage, surtout au micro-ondes. Préférez le verre, la céramique ou l’inox.
- Attention aux ustensiles de cuisine : Limitez l’usage des poêles antiadhésives rayées et privilégiez l’inox ou la fonte.
Au-delà des gestes individuels, l’ANSES insiste sur la nécessité d’une action forte des pouvoirs publics pour réduire l’exposition de la population, notamment par une meilleure réglementation et l’élimination progressive de ces substances de notre environnement et de notre chaîne alimentaire.
Conclusion
L’alerte de l’ANSES est claire : l’exposition aux substances chimiques via l’alimentation est une réalité pour presque chacun d’entre nous. Si des efforts ont été faits, le chemin est encore long. En adoptant des gestes simples au quotidien et en soutenant une politique plus ambitieuse, nous pouvons tous contribuer à un environnement alimentaire plus sain pour nous et les générations futures.