Un cri de détresse monte de la vallée du Loukkos, dans le nord-ouest du Maroc. Suite à une semaine de pluies torrentielles et ininterrompues, les agriculteurs de cette région, vitale pour l’approvisionnement en légumes du pays et de l’Europe, ont tout perdu. Leurs champs, autrefois verdoyants, sont désormais des étendues d’eau boueuse, engloutissant des années d’efforts et de semences.
Maroc : Quand les Eaux Engloutissent l’Espoir des Agriculteurs
La catastrophe est d’une ampleur inédite. Dans la région de Larache, la vallée du Loukkos, réputée pour ses cultures maraîchères destinées à l’exportation vers le continent européen, est aujourd’hui dévastée. Des agriculteurs comme Abdallah Boukhlassi, témoignent avec amertume de la perte de leurs récoltes de tomates, courgettes et poivrons, submergées par les inondations. « J’ai tout perdu », confie-t-il, un sentiment partagé par l’ensemble de ses pairs.
Des vies brisées et des dettes à payer
Le bilan dépasse largement la seule perte matérielle. Ces inondations menacent directement la survie de milliers de familles. Les agriculteurs, ayant souvent contracté des crédits pour financer leurs cultures et l’achat de semences, se retrouvent face à des dettes impossibles à rembourser. Sans récolte, il n’y a pas de revenus, pas de quoi payer les ouvriers, ni de quoi subvenir aux besoins de leur foyer. La perspective de replanter est lointaine, et l’avenir s’annonce incertain, voire désespéré pour beaucoup qui envisagent déjà de quitter leur terre.
Un écosystème agricole en péril
Le Maroc, premier exportateur africain de fruits et légumes vers l’UE, voit une part significative de sa production mise en péril. Les serres sont inondées, les systèmes d’irrigation endommagés, et la terre gorgée d’eau mettra du temps à se remettre. Cette crise met en lumière la vulnérabilité de l’agriculture face aux événements climatiques extrêmes, de plus en plus fréquents et intenses.
Urgence et solidarité
Face à l’ampleur du désastre, un soutien urgent est nécessaire pour ces agriculteurs. Au-delà des aides d’urgence, c’est une réflexion plus profonde sur l’adaptation de l’agriculture marocaine aux changements climatiques qui doit être menée. Pour l’heure, le désespoir règne dans la vallée du Loukkos, où l’eau a emporté non seulement les récoltes, mais aussi les rêves et les moyens de subsistance de toute une communauté.
La question n’est plus de savoir s’il pleuvra, mais comment aider ces hommes et ces femmes à se relever et à préserver ce pan essentiel de l’économie marocaine.