Au Sénat américain, le patron d’Instagram se défend face aux accusations d’addiction des jeunes
Le débat sur l’impact des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes a atteint de nouveaux sommets lors d’une audition tendue au Sénat américain. Les PDG de géants comme Meta (Instagram), TikTok, Snap, Discord et X ont été confrontés à des accusations virulentes, notamment de la part de parents endeuillés. Au centre des attaques, Adam Mosseri, patron d’Instagram, a tenté de défendre sa plateforme.
Instagram : « Aucun intérêt à l’addiction », selon Mosseri
Face aux sénateurs, Adam Mosseri a nié toute intention de créer une addiction chez les jeunes utilisateurs. Il a affirmé qu’Instagram n’avait « aucun intérêt » à ce que les jeunes passent plus de temps sur l’application, arguant qu’une surutilisation nuisait au bien-être des utilisateurs et, par extension, à la longévité de l’entreprise. Selon lui, le bien-être des utilisateurs est une « priorité » pour assurer la pérennité du modèle économique.
Le patron d’Instagram a mis en avant les mesures de sécurité et de prévention mises en place par la plateforme :
- Vérification de l’âge à l’inscription.
- Outils de supervision parentale permettant aux parents de suivre le temps passé et les contacts de leurs enfants.
- Fonctionnalités incitant à « faire une pause ».
- Restrictions de contenu sensible, notamment sur le thème de l’automutilation ou des troubles alimentaires.
Mosseri a reconnu l’existence de « tensions » dans la conception de l’application mais a insisté sur l’absence d’intention de nuire, affirmant que les défis actuels étaient des « problèmes de société » complexes.
Des accusations graves et des témoignages poignants
Les sénateurs n’ont pas mâché leurs mots, accusant les plateformes d’être délibérément addictives. Le sénateur républicain Ted Cruz a dénoncé une « culture toxique et destructrice » ciblant les enfants. Josh Hawley a interpellé Mark Zuckerberg, le patron de Meta, sur les dangers de l’exploitation sexuelle des enfants en ligne, brandissant des chiffres alarmants.
L’émotion était palpable avec la présence de dizaines de familles tenant des photos de leurs enfants, victimes de suicide ou de troubles alimentaires liés à l’utilisation des réseaux sociaux. Ces témoignages bouleversants ont illustré les conséquences tragiques et bien réelles de ces plateformes sur la vie des adolescents.
Mark Zuckerberg présente ses excuses, la tension persiste
Confronté aux témoignages des parents et aux pressions des sénateurs, Mark Zuckerberg a fini par se lever et s’adresser aux familles, présentant des « excuses pour tout ce que vous avez eu à traverser ». Cependant, malgré ces excuses et les promesses d’amélioration, le fossé reste profond entre les géants de la tech et les législateurs, qui envisagent de nouvelles régulations pour protéger la jeunesse.
Cette audition souligne la complexité d’équilibrer l’innovation technologique avec la protection des utilisateurs les plus vulnérables, un débat qui est loin d’être clos.