Chasse au plomb : six mois après, le débat s’invite enfin à l’Assemblée !
Six mois après son lancement, la pétition citoyenne « Du plomb ! Non merci ! » a enfin obtenu l’honneur d’être débattue à l’Assemblée Nationale. Lancée par les associations One Voice, l’ASPAS et la LPO, cette initiative a recueilli plus de 136 000 signatures, dépassant largement le seuil requis pour provoquer un débat parlementaire.
Les enjeux de la pétition : pourquoi interdire le plomb ?
L’objectif principal de cette pétition est d’obtenir l’interdiction totale des munitions de chasse au plomb en France. Les associations environnementales et de protection animale mettent en avant plusieurs arguments majeurs :
- Impact sur la faune sauvage : Le plomb dispersé dans la nature contamine les sols et l’eau, mais surtout, il empoisonne des milliers d’oiseaux, notamment les rapaces et les charognards qui ingèrent les résidus de munitions présents dans les cadavres d’animaux chassés. Des espèces emblématiques comme le Vautour fauve ou le Milan royal sont particulièrement touchées.
- Risques pour la santé humaine : La consommation de gibier tué avec des munitions au plomb expose également les humains à une ingestion de particules de plomb, neurotoxique et dangereux pour la santé, en particulier pour les enfants et les femmes enceintes.
Les arguments des chasseurs et le cadre réglementaire actuel
De leur côté, les fédérations de chasseurs avancent plusieurs contre-arguments :
- Coût et performance des alternatives : Ils soulignent le coût plus élevé des munitions alternatives (acier, cuivre, bismuth, tungstène) et mettent en doute leur performance balistique.
- Réglementation existante : Ils rappellent que le plomb est déjà interdit dans les zones humides depuis 2006, conformément aux directives européennes, et que les chasseurs sont formés à l’utilisation des munitions sans plomb.
- Difficile transition : Une interdiction totale représenterait un changement majeur et coûteux pour l’ensemble de la filière.
Actuellement, la législation européenne évolue vers une restriction accrue du plomb. L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a d’ailleurs proposé un bannissement progressif sur une période de 5 ans, une mesure jugée insuffisante par les associations françaises qui souhaitent une interdiction plus rapide et totale.
Quel avenir pour la chasse au plomb en France ?
Le débat à l’Assemblée Nationale est une étape cruciale pour cette pétition. Il met en lumière une fois de plus la tension entre la tradition cynégétique et les impératifs de protection de l’environnement et de la santé publique. Si certains pays comme le Danemark ou les Pays-Bas ont déjà mis en place une interdiction totale, la France reste un acteur majeur dans l’adoption de mesures similaires.
Les associations espèrent que ce débat mènera à des propositions concrètes et à une législation ambitieuse pour protéger la faune et la santé des citoyens contre les dangers insidieux du plomb.