Nipah et ses sosies viraux : Le défi du diagnostic rapide face à une menace silencieuse
L’Inde, et plus particulièrement l’État du Kerala, est de nouveau sous haute surveillance suite à une nouvelle épidémie du virus Nipah. C’est la troisième fois en cinq ans que cette maladie mortelle frappe la région, et le défi majeur reste son identification précoce.
Le Nipah se manifeste par des symptômes qui, au premier abord, peuvent sembler très courants : fièvre, maux de tête intenses, vomissements, douleurs musculaires, problèmes respiratoires, et dans les cas graves, une encéphalite (inflammation du cerveau) pouvant entraîner le coma et la mort. Le problème ? Ces signaux d’alerte sont loin d’être exclusifs au Nipah.
De nombreux autres agents pathogènes circulant dans les mêmes régions peuvent provoquer des tableaux cliniques quasi identiques. Pensez à l’encéphalite japonaise, à la dengue, au typhus des broussailles, à la leptospirose, ou encore aux virus du Nil occidental et Zika. Même une grippe sévère peut présenter des symptômes similaires. Cette « concurrence » diagnostique est une véritable course contre la montre.
Un diagnostic tardif a des conséquences dramatiques. Non seulement il retarde la mise en place d’un isolement et de soins appropriés pour le patient, mais il augmente surtout le risque de transmission du virus à d’autres personnes. Sans identification rapide par des tests PCR spécifiques, les professionnels de santé naviguent à l’aveugle, ce qui peut aggraver l’ampleur de l’épidémie.
Rappelons que le Nipah se transmet principalement par les chauves-souris frugivores (son réservoir naturel), les porcs, et malheureusement aussi d’homme à homme par contact étroit avec les fluides corporels. À ce jour, il n’existe ni vaccin ni traitement antiviral spécifique contre le Nipah ; seuls des soins de soutien peuvent être prodigués aux malades.
Face à cette menace insidieuse qui mime tant d’autres maladies, la surveillance épidémiologique et le développement de capacités de diagnostic rapide et précis sont plus que jamais essentiels. C’est la clé pour briser les chaînes de transmission et protéger les populations.