Les Polluants Éternels : Une Facture Salée de 1700 Milliards d’Euros pour l’UE ?
Une nouvelle étude alarmante révèle que les « polluants éternels » (PFAS) pourraient coûter à l’Union Européenne une somme colossale allant jusqu’à 1700 milliards d’euros d’ici à 2050. Cette estimation, comparable à une « grande crise financière », souligne l’urgence d’agir face à ces substances chimiques omniprésentes et persistantes.
Qu’est-ce qu’un Polluant Éternel (PFAS) ?
Les PFAS, ou substances per- et polyfluoroalkylées, sont une vaste famille de milliers de composés chimiques utilisés depuis des décennies dans d’innombrables produits de consommation pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou résistantes à la chaleur. On les retrouve dans les poêles, les emballages alimentaires, les textiles, les cosmétiques, les mousses anti-incendie, et bien d’autres.
Leur surnom de « polluants éternels » vient de leur extrême persistance dans l’environnement et le corps humain. Ils ne se dégradent pas ou très lentement, s’accumulent et sont retrouvés partout, de la pluie aux ours polaires, en passant par le sang humain.
Le Coût Astronomique de l’Inaction
L’étude, commanditée par le Conseil nordique des ministres et menée par l’ONG ChemSec et le Conseil nordique de l’environnement, a cherché à quantifier les impacts économiques liés à la persistance des PFAS. Les coûts estimés proviennent de deux grandes catégories :
- Coûts de santé : liés aux maladies provoquées ou aggravées par l’exposition aux PFAS. Cela inclut les dépenses de soins médicaux, mais aussi la perte de productivité due aux maladies.
- Coûts environnementaux : liés à la dépollution des sites contaminés, au traitement de l’eau potable et à la gestion des déchets contenant des PFAS.
Parmi les problèmes de santé associés aux PFAS, on retrouve certains cancers, l’infertilité, des retards de développement chez les enfants, des maladies thyroïdiennes et des perturbations du système immunitaire.
Vers une Interdiction Totale ?
Malgré l’existence de quelques interdictions spécifiques de PFAS au niveau européen, des milliers de tonnes continuent d’être rejetées chaque année. Face à l’ampleur du problème et aux coûts potentiels, cinq pays européens (Allemagne, Pays-Bas, Danemark, Suède et Norvège) ont proposé une interdiction totale de la production et de l’utilisation de la quasi-totalité des PFAS.
Cette initiative est saluée par les auteurs de l’étude comme une mesure essentielle pour éviter un fardeau financier et sanitaire insoutenable à long terme. L’interdiction générale des PFAS pourrait non seulement protéger la santé publique et l’environnement, mais aussi générer d’importantes économies pour les pays de l’UE.
Conclusion
L’étude met en lumière un enjeu majeur de santé publique et d’environnement, avec des répercussions économiques considérables. La transition vers des alternatives non toxiques et une interdiction plus large des PFAS s’impose comme une nécessité urgente pour prévenir une crise financière et écologique sans précédent en Europe.