Un Ptérosaure Inédit Découvert… dans un Rejet de Digestion Fossilisé !
Le monde de la paléontologie nous réserve toujours des surprises, et la dernière en date est pour le moins inattendue : une nouvelle espèce de ptérosaure a été identifiée grâce à des fragments retrouvés non pas dans un squelette complet, mais dans un vomi fossile datant du Crétacé ! Cette découverte fascinante met en lumière la diversité des écosystèmes anciens et l’ingéniosité des scientifiques.
La « Découverte Dégoûtante » qui Révèle un Trésor
C’est dans les célèbres couches géologiques de Kem Kem, au Maroc, réputées pour leur abondance de fossiles de dinosaures et d’autres créatures préhistoriques, qu’a eu lieu cette trouvaille remarquable. Les chercheurs, dirigés par le Dr David Martill de l’Université de Portsmouth, examinaient des « régurgitalites », c’est-à-dire des masses de restes alimentaires non digérés, expulsées et fossilisées.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas un dinosaure qui a laissé ce « vomi », mais plutôt un grand poisson prédateur ou un crocodilomorphe de l’époque. Ces rejets de digestion, aussi rares que précieux, sont de véritables capsules temporelles offrant un aperçu direct des chaînes alimentaires d’il y a des millions d’années.
Leptostomia begaaensis : Le Ptérosaure au Bec Étonnant
Les fragments retrouvés dans ce festin préhistorique ont permis d’identifier une espèce de ptérosaure entièrement nouvelle, baptisée Leptostomia begaaensis. Ce petit ptérosaure avait une envergure d’environ 1,5 mètre, ce qui le rendait relativement modeste par rapport aux géants du Crétacé.
La caractéristique la plus frappante de Leptostomia était son bec : extrêmement long et fin, il ne possédait pas de dents à son extrémité, mais quelques petites dents étaient présentes plus en arrière. Cette morphologie est unique parmi les ptérosaures connus, suggérant une spécialisation alimentaire très particulière.
Un Chasseur Spécialisé au Bec Sondeur
Les scientifiques estiment que le bec si particulier de Leptostomia begaaensis lui servait de sonde. Il aurait pu l’utiliser pour fouiller la boue ou le sable à la recherche de petites proies, comme des invertébrés aquatiques, des larves ou de petits poissons, un peu à la manière de certains oiseaux modernes comme les kiwis ou les avocettes. Son régime alimentaire était probablement très différent de celui des grands ptérosaures piscivores ou charognards de son époque.
L’Importance des Découvertes Fragmentaires
Cette étude, publiée dans la revue Cretaceous Research, souligne à quel point même des restes fragmentaires peuvent être cruciaux pour la science. Le « vomi » qui a abrité Leptostomia est non seulement une source de découverte de nouvelles espèces, mais aussi une fenêtre rare sur l’écologie et les interactions entre les espèces dans les environnements du Crétacé.
La diversité des ptérosaures des lits de Kem Kem continue de surprendre, et Leptostomia begaaensis ajoute une nouvelle pièce, petite mais significative, à ce puzzle fascinant de la vie ancienne.