Artemis II : Quand les astronautes emporteront leurs propres « clones cellulaires » autour de la Lune !
La mission Artemis II, qui marquera le retour de l’humanité en orbite lunaire avec Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen, promet d’être bien plus qu’un simple voyage. Pour la première fois, les astronautes ne seront pas les seuls représentants humains à s’aventurer dans l’espace lointain : ils seront accompagnés d’une version miniature et cellulaire d’eux-mêmes, de véritables « mini-organes » cultivés à partir de leurs propres cellules souches !
Des organoïdes personnalisés pour la science
L’objectif de cette expérience fascinante est de comprendre avec une précision inégalée l’impact des radiations spatiales sur le corps humain. Les mini-organes, appelés organoïdes, sont de minuscules structures en 3D cultivées en laboratoire. Elles proviennent des cellules souches pluripotentes induites (iPSC) des astronautes, qui ont la capacité de se transformer en presque n’importe quel type de cellule du corps. Pour Artemis II, les chercheurs de l’Université de Californie à San Diego (UCSD) et de SENS.AI, en collaboration avec la NASA, se concentreront spécifiquement sur des modèles de cerveau et de cœur.
Concrètement, des versions microscopiques et vivantes des tissus cérébraux et cardiaques des astronautes voyageront juste à côté d’eux ! Une moitié de ces organoïdes restera sur Terre comme groupe témoin pour comparaison, tandis que l’autre moitié sera exposée à l’environnement impitoyable de l’espace profond, au-delà de la protection du champ magnétique terrestre.
Comprendre les risques pour les futures missions
Cette approche est révolutionnaire car elle permet une recherche ultra-personnalisée. Chaque astronaute est unique, et sa réponse aux radiations peut varier considérablement. En utilisant leurs propres cellules, les scientifiques pourront identifier comment les radiations affectent spécifiquement les tissus de chaque individu. Cela ouvre la voie au développement de contre-mesures adaptées et personnalisées pour mieux protéger les futurs explorateurs spatiaux, notamment lors de missions de longue durée vers Mars.
Les données récoltées permettront de mieux comprendre les mécanismes cellulaires de la résistance ou de la vulnérabilité aux radiations, en particulier pour des organes aussi critiques que le cerveau (impact sur la cognition et le système nerveux) et le cœur (risques cardiovasculaires, vieillissement accéléré).
Vers la médecine spatiale du futur
Au-delà de la mission Artemis II, cette technologie pourrait avoir des implications considérables pour l’avenir de la médecine spatiale. La capacité de cultiver des tissus et des organes à partir de cellules souches ouvre la porte à des applications telles que la production de produits pharmaceutiques ou même, à plus long terme, la création de tissus de remplacement pour des interventions médicales directement en orbite ou sur d’autres planètes. C’est une étape cruciale pour préparer les missions habitées de longue durée et garantir la santé et la sécurité des humains loin de la Terre.
Artemis II ne sera donc pas seulement un jalon dans l’exploration lunaire, mais aussi un laboratoire volant pionnier pour la médecine et la biologie personnalisées dans l’espace lointain. Une aventure qui nous rapproche un peu plus de la compréhension et de la maîtrise des défis de l’existence humaine hors de notre planète.