Le débat tant attendu à l’Assemblée nationale concernant la pétition contre la « Loi Du Plomb » a été reporté à février. Cette décision fait suite à une mobilisation massive, portée par 3,7 millions de copropriétaires et bailleurs, qui s’inquiètent des implications financières et pratiques de cette législation.
Contexte d’une pétition controversée
La pétition, qui a récolté près de 160 000 signatures, vise à abroger ou à modifier l’application de la « Loi Climat et Résilience » de 2021 concernant les diagnostics plomb. Les signataires dénoncent une approche jugée excessive et potentiellement ruineuse pour de nombreux propriétaires.
Les points clés de la contestation
- Diagnostics coûteux et obligatoires : La loi exigerait des diagnostics approfondis même pour le plomb recouvert par d’autres matériaux (papier peint, enduit), alors que son accès direct est bloqué. Les coûts pour ces diagnostics et les travaux éventuels sont estimés entre 1500 et 3000 euros par appartement.
- Risque d’abandon de biens : Face à ces dépenses, de nombreux propriétaires, notamment les plus modestes, craignent de devoir vendre à perte ou d’abandonner leurs logements.
- Contradiction avec les directives européennes : Les pétitionnaires estiment que la loi va au-delà des directives européennes (telles que REACH), qui ciblent le plomb dans les produits neufs, et non pas dans les structures existantes où il est inerté.
- Manque de justification scientifique : La dangerosité du plomb sous-jacent est remise en question lorsque celui-ci est inaccessible et ne représente pas un risque d’ingestion ou d’inhalation directe.
La position du gouvernement et l’avenir du débat
Lors de la séance prévue en décembre, la ministre du Logement de l’époque, Emmanuelle Wargon, avait souligné l’importance de la lutte contre le saturnisme et le lien avec la loi de transition énergétique. Tout en se montrant ouverte au dialogue, elle avait indiqué que des consultations supplémentaires étaient nécessaires pour trouver des solutions.
Le report du débat à février ouvre donc une période d’échanges approfondis. L’objectif sera de concilier la protection de la santé publique, notamment contre le saturnisme infantile, et la faisabilité économique pour des millions de propriétaires français.