Adieu les bisphénols ! Le bois, la nouvelle solution pour nos tickets de caisse
Les tickets de caisse, ces petits bouts de papier que nous recevons quasi-quotidiennement, sont depuis longtemps sous le feu des projecteurs en raison des substances chimiques qu’ils contiennent. Historiquement, le Bisphénol A (BPA), un perturbateur endocrinien connu, était monnaie courante. Suite à son interdiction en 2020, il a été remplacé par le Bisphénol S (BPS), qui, malheureusement, présente des préoccupations similaires pour notre santé. Mais une nouvelle prometteuse émerge du côté de la recherche française : et si la solution venait… du bois ?
La fin des bisphénols grâce à la forêt ?
Des chercheurs de l’unité de recherche LGP2 (Laboratoire de Génie des Procédés Papetiers) de Grenoble INP-UGA, en collaboration avec le CNRS, ont mis au point une alternative révolutionnaire pour le papier thermique. Leur secret ? Des nanomatériaux extraits du bois.
Le principe est ingénieux : au lieu d’utiliser des plastiques comme le PVA (alcool polyvinylique) ou des bisphénols pour la couche de surface de ces papiers, l’équipe a développé un procédé à base de nanocristaux de cellulose (CNC) ou de nanofibrilles (CNF). Ces minuscules particules de cellulose, issues de la pulpe de bois, ont la capacité de s’assembler naturellement en un film mince et transparent.
Comment ça marche ?
En recouvrant le papier d’une fine couche de ces nanocristaux de cellulose, les chercheurs ont réussi à créer une surface qui remplit plusieurs fonctions clés :
- Elle remplace la couche de polymère problématique (comme le PVA ou les revêtements à base de bisphénols).
- Elle facilite la réaction thermique qui permet à l’encre de se révéler lorsqu’elle est chauffée, reproduisant ainsi parfaitement le mécanisme du papier thermique traditionnel.
Le résultat est un papier thermique à la fois efficace et respectueux de l’environnement.
Les nombreux avantages de cette innovation verte
L’utilisation de la cellulose, ressource abondante et renouvelable, apporte une multitude de bénéfices :
- Non-toxicité : Fini les perturbateurs endocriniens ! Cette solution est exempte de bisphénols A ou S.
- Durabilité : Le bois est une ressource renouvelable, ce qui en fait une alternative beaucoup plus écologique.
- Biodégradabilité : Ces papiers seraient plus facilement recyclables et biodégradables.
- Performance améliorée : Les tests ont montré que ces nouveaux papiers possèdent d’excellentes propriétés optiques et mécaniques, avec une bonne adhérence pour les composants de l’encre thermosensible. Ils pourraient même offrir une meilleure conservation des informations imprimées.
Cette avancée majeure, publiée dans la revue scientifique *Green Chemistry*, ouvre des perspectives très prometteuses. Non seulement pour nos tickets de caisse, mais aussi pour d’autres applications du papier thermique, voire pour les emballages ou les étiquettes. De quoi imaginer un avenir où nos interactions quotidiennes seraient un peu plus vertes et beaucoup moins toxiques !